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Sur le XXe Septembre Musical de Montreux
"[...]   Le  20e  anniversaire  du  Septembre Musical  -  Un  programme  digne  de  l'évè­nement! [...]"

C'est ainsi que titrait par exemple le Journal de Montreux, en première page de son édition du 16 juillet 1965. Vu son très abondant programme, le 20e Septembre Musical commença déjà fin août, pour se terminer début octobre. Un aperçu des concerts proposés:

Son programme général laisse tout rêveur...:

Les raisons pour lesquelles le festival commença - en cette année du 20e jubilé - plus tôt que d'habitude, ainsi que les réponses à diverses autres questions, le tout cité de l'entretien d'un chroniqueur du Journal de Montreux avec Manuel ROTH, fondateur du Septembre Musical:

"[...] L’importante conférence de l’Union internationale des télécommunications débutant à mi-septembre à Montreux, comme vous le savez, et notre ville ne disposant pas encore de deux grandes salles, il a fallu prévoir la fin de la série symphonique du Septembre musical au Pavillon, le 12 septembre déjà. Or, comme nous tenions à offrir douze grands concerts à notre public, nous avons dû fixer la première manifestation au dimanche 22 août déjà.

Q: Mais le festival ne se terminera pas à la mi-septembre...

Certes non. Puisqu'il se poursuivra dans la salle de théâtre rénovée, au Casino, pour une série de représentations d’opéra qui promettent de pures joies aux amateurs du genre. Et ils sont nombreux. En effet, le «Piccolo teatro di Roma» et le «Collegium musicum italicum», sous la direction de Renato Fasano, interpréteront quatre oeuvres assez peu connues: «La Cambiale di Matrimonio», de Rossini, «Le Cantatrici Villane», de Fioravanti, «La Servante maîtresse», de Pergolèse, et «Le Barbier de Séville», de Paisiello. Ces représentations, dont la mise en scène particulièrement soignée sera assurée par Corrado Pavolini, nous permettront d'entendre de très grandes voix transalpines, celles entre autres de Sesto Bruscantini. Carlo Badiolini, Maria Casula, Cecilia Fusco, Fernando Jacopucci, Valeria Mariconda, Nicola Monti, Paolo Pedani, Claudio Strudtbof et Anna Marie Vallin

Q: Puis ce sera l'habituel prolongement veveysan du festival, avec quatre concerts, sauf erreur?

Oui. Ceux du Quatuor Hongrois, du fameux trio Istomin -Stern-Rose, de l’Orchestre «Pro Arte» de Munich et du Choeur des Jeunes, qui interpréteront des oeuvres de Bach sous la baguette de Kurt Redel, et enfin de l’Orchestre «Pro Arte» encore avec le claveciniste Léonard Hokanson et le violoniste Eduard Melkus en solistes.

Q: Voilà qui promet! Mais, pour en revenir aux manifestations montreusiennes, il faut préciser, je crois, que les représentations d'opéra prévues dans la salle de théâtre du Casino, magnifiquement rajeunie et rééquipée, ne constituent pas l'unique innovation de ce festival?

En effet, du 27 août au 8 septembre, parallèlement à la série des grands concerts du Pavillon, cinq concerts seront donnés au Théâtre du Casino, à l’enseigne des «Espoirs d’aujourd’hui... valeurs de demain». II nous a paru que pour marquer le vingtième anniversaire du festival, nous devions songer non pas seulement aux interprètes connus et souvent célèbres accueillis dans des manifestations de ce genre, mais aussi à des artistes qui n’ont pas encore atteint ce degré de notoriété dans leur carrière mais qui, par leur valeur propre, méritent d'être encouragés. Nous avons pu réaliser cette intention grâce, il faut le dire, à la généreuse contribution d’une grande amie de la musique et des musiciens, qui remet ainsi en honneur le mécénat auquel tant d'artistes et de chefs-d'oeuvre doivent la consécration.

Q: On ne saurait assez souligner la valeur de cet appui. Mais quels sont ces «espoirs», pour parler comme les sportifs?

Il s’agit de Martha Argerich. une pianiste qui a obtenu le Prix Chopin 1965 — pas moins!, d’Augustin Dumay, de Yossef Zivoni et de Pierre Amoyal, violonistes, de Claude Lavoix, d’Eugène de Canck et d'Arpad Joo. pianistes. Des noms dont on se souviendra plus facilement dans quelques années!

Q: On ne peut que féliciter les responsables du Septembre musical de cette initiative et dire la reconnaissance de tous à qui la mérite... Mais il faut aussi parler des douze concerts du Pavillon...

Nous avons conçu le programme de ce Septembre musical en songeant à rendre hommage à ceux qui nous ont appuyés, qui ont cru en la valeur de notre manifestation il y a longtemps déjà. C’est ainsi que nous avons eu la joie de pouvoir réunir à l’affiche du festival quatre ensembles symphoniques dont la collaboration a marqué dans l’histoire du Septembre musical. Il s’agit de l’Orchestre symphonique de Cologne, avec son choeur du Gürzenich, premier ensemble appelé à collaborer pour plusieurs concerts à Montreux, de l’Orchestre National de Paris, fidèle au festival depuis de nombreuses années, de l’Orchestre de la Suisse romande, cher aux coeurs des mélomanes de chez nous, et de l’Orchestre du Concergebouw, ensemble de grande valeur lui aussi, que les habitués du Septembre musical ont déjà applaudi. Quant aux chefs et aux solistes, vous avez eu déjà l’occasion d’en donner la liste dans le «Journal de Montreux». Je n’y reviendrai pas, si ce n’est pour souligner la chance que nous avons de pouvoir compter sur tant d’illustres personnalités de la musique.

Q: Nous en avons déjà parlé et nous en reparlerons bientôt, en effet, en présentant en détail le programme de chacun des concerts. Mais il est peut-être intéressant de souligner aussi l’intérêt des concerts avec choeurs que nous entendrons au Pavillon.

En effet. Günter Wand, à la tête de l'Orchestre de Cologne et de son excellent choeur, dirigera la «Missa solemnis». Et quelques jours plus tard un autre hommage sera rendu à Beethoven, cette fois par Josef Krips, conduisant un ensemble formé de l’Orchestre National, du Choeur de la Radio romande, du Choeur des Jeunes et des Choeurs du Brassus, préparés par André Charlet, qui exécuteront la «Neuvième Symphonie». Des solistes de valeur prêteront bien entendu leur concours à ces deux soirées.
[...]"