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Le XIe SEPTEMBRE MUSICAL de MONTREUX-VEVEY
présenté par Henri JATON
Un aperçu du programme de ce XIe Septembre Musical:

À gauche l'Orchestre du Gürzenich de Cologne, à droite celui de la RadioDiffusion Française
À gauche l'Orchestre du Gürzenich de Cologne (l'Orchestre Symphonique de Cologne),
à droite celui de la RadioDiffusion Française
Son programme général:

Ce Septembre Musical fut très festif, avec deux excellents orchestres dirigés par des chefs appartenant aux meilleurs de l'époque et une splendide brochettes de solistes.

Cité de la présentation de Henri JATON publiée dans la revue Radio Je vois tout du 6 septembre 1956, page 10:

"[...] Pour être apparu tardivement parmi les hauts lieux de la musique, le Festival de Montreux n'en a pas moins gagné avec une rapidité extrême, ses titres de noblesse, aujourd'hui nullement contestés.

C'est que le rôle de la belle initiative montreusienne est clairement démontré dans sa double aspiration à nous présenter les chefs-d'oeuvre de la littérature orchestrale, et tout à la fois les interprètes les plus marquants de l'instant.

Pour ceux-là que l'éloignement empêche de participer à l'un des festivals d'été, l'occasion leur est ainsi fournie de bénéficier des ressources que leur offre une réalisation dont la qualité et l'intérêt ne le cèdent en rien aux tentatives les plus universellement consacrées.

À cet égard, le Septembre musical qui nous attend surenchérit encore son attrait des cycles précédents. En effet, deux ensembles symphoniques assumeront successivement la responsabilité «orchestrale» du Festival: l'Orchestre symphonique de Cologne et l'Orchestre national de Paris. L'une et l'autre de ces formations bénéficient d'une réputation internationale; et l'intérêt sera captivant de pouvoir ainsi céder à une manière de comparaison de deux esthétiques instrumentales, relevant chacune d'un niveau supérieur.

De gauche à droite: Carl SCHURICHT, Günter WAND et Julien-François ZBINDEN (à cette époque régisseur à la Radio Suisse Romande et chef de son service musical)
De gauche à droite: Carl SCHURICHT, Günter WAND et Julien-François ZBINDEN
(à cette époque régisseur à la Radio Suisse Romande et chef de son service musical)
Günter Wand, Otto Klemperer, Joseph Keilberth et Paul Klecki conduiront l'Orchestre de Cologne, tandis que Carl Schuricht, André Cluytens et Ataulfo Argenta apparaîtront au podium de direction de l'Orchestre national, orgueil légitime de la RadioDiffusion-Télévision française.

À gauche André CLUYTENS, à droite Ataulfo ARGENTA avec sa fille Margarita
À gauche André CLUYTENS, à droite Ataulfo ARGENTA avec sa fille Margarita
Quant aux solistes, leur seule mention évoque la distribution éclatante dont bénéficiera le Festival de Montreux. C'est ainsi qu'en suivant l'ordre chronologique des concerts, nous entendrons Nikita Magaloff, Clara Haskil, Wilhelm Kempff, Nathan Milstein, Isaac Stern, Wiltold Malcuzynski et Robert Casadesus.

L'apport «classique» au programme général du Septembre musical est représenté par l'Ouverture de la Suite en ré et Trois Chorals de Cantates de Bach, des symphonies de Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms; tandis que le lot des brillants solistes nous fera entendre des concertos de Mozart, Beethoven, Chopin et Brahms.

La présence à l'affiche montreusienne de la littérature contemporaine est assurée par les poèmes symphoniques Till Eulenspiegel et Don Juan de Richard Strauss, la Deuxième Suite de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, une oeuvre de Turina et les fragments de la Vie brève de Manuel de Falla.

Mais il est deux «événements» qui marqueront d'une importance spéciale ce Festival de Montreux 1956. Tout d'abord, la présence au pupitre de la grande salle du Pavillon du maître Igor Strawinski, qui conduira en personne trois de ses ouvrages les plus significatifs: Pétrouchka, le Scherzo à la russe et l'Oiseau de Feu, ces différentes oeuvres étant présentées dans une version revisée.

Une autre réalisation justifie une mention spéciale: la révélation, par les soins du Choeur et de l'Orchestre du Gurzenich de Cologne - sous la conduite de Günter Wand - de la fameuse production de Carl Orff: Carmina Burana.

Ainsi donc, en ces occasions que je viens de souligner, la preuve sera donnée à l'heureuse synthèse à laquelle peut atteindre un festival, se référant comme il se doit au répertoire traditionnel, pierre d'angle de toute organisation musicale, mais accordant néanmoins une place légitime aux témoignages actuels, auxquels l'auditeur cultivé se doit d'être associé.

J'ajouterai que l'audition de Carmina Burana sera précédée de l'exécution de la Messe en do de Beethoven, ce qui confirme encore la valeur inhabituelle de cette séance «hors cadre».

L'heureuse entente des organisateurs montreusiens et veveysans nous vaudra de voir la musique de chambre associée au Septembre musical: Clara Haskil et Arthur Grumiaux nous proposent un cycle de sonates de Mozart, Beethoven et Brahms, qui apportera une conclusion toute de délicatesse et de charme, à une initiative assurée dès maintenant d'un succès total.
[...]"