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Kopf Bild Sawallisch Wolfgang 155 250

Anton BRUCKNER
Symphonie No 4 en mi bémol majeur
dite "Romantique", WAB 104
Orchestre de la Suisse Romande
Wolfgang SAWALLISCH
3 décembre 1975, Victoria-Hall, Genève

Ce sous-titre «Romantique» lui fut donné par le compositeur lui-même, qui annota aussi plusieurs passages de la partition, par exemple «Ville médiévale», «chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux» pour le premier mouvement, «Amour repoussé» pour le second, «Danse pour le repas de chasse» pour le troisième...

Une vénérable courte présentation de cette oeuvre publiée dans la brochure-pro­gram­me du 9e concert d'abonnement donné le 5 mars 1904 au Théâtre de la Ville de Genève, l'or­ches­tre étant dirigé par Willy REHBERG - c'était la première audition de cette sym­pho­nie en Suisse Romande:

"[...] I. La Symphonie romantique de Brückner débute par un thème solennel qui parait tra­dui­re l'effet que la beauté de la nature produit sur une âme sensible et pieuse; toutefois cette impression fait bientôt place à la joie. À la suite de ces deux facteurs thématiques apparaissent encore trois courts dessins qui se complètent, se répondent et se mêlent aux deux premiers en des alternatives de joie bruyante et de recueillement intime. À plusieurs reprises, la voix majestueuse du motif initial se fait entendre, puis elle est couverte par le retour des autres thèmes. La grande variété et l'instrumentation pittoresque de cette partie en font une page du plus haut intérêt.

II. L'auteur a voulu peindre ici l'influence bienfaisante du spectacle de la nature sur un coeur blessé et souffrant. La souffrance est exposée sous la forme d'une marche fu­nè­bre à laquelle succède une phrase triste que font entendre les altos. D'autres voix plus se­rei­nes percent cependant au travers de ce milieu sombre et les violons accentuent cette impression bienfaisante dans le thème suivant. Les idées tristes s'effacent peu à peu, mais leur éclipse n'est que passagère, car la marche funèbre revient de nouveau et pour se transformer cette fois en un hymne de triomphe.

III. Dans le scherzo nous assistons à un joyeux épisode de chasse, reposant sur deux dessins, qui reviennent avec une opiniâtreté singulière. Le trio rappelle une simple danse populaire, et forme avec le scherzo un contraste frappant.

IV. Une grande richesse d'idées caractérise le finale; nous y voyons figurer, après un thè­me énergique, plusieurs épisodes où l'on retrouve les motifs des parties pré­cé­den­tes. Le second thème est suivi d'un dessin plus vigoureux. Cette variété de motifs et de mou­ve­ments conduit à de curieux effets d'opposition, qu'accentue encore la coloration wag­nér­ienne du morceau.
[...]"

Dans l'original, cette courte présentation est illustrée par des courts extraits de la partition: voir au bas de cette page pour cet original.

Cette première audition de 1904 était d'autant plus remarquable que les symphonies d'Anton Bruckner - décédé en 1896 - étaient alors presque encore inconnues du grand public, et en majeure partie même pas encore publiées! En plus, c'était la toute première fois - d'après cette page de la Gazette de Lausanne du 22 février 1904 - que l'on entendait une symphonie de Bruckner en Suisse Romande, un remarquable travail de pionier de la part de Willy REHBERG.

Wolfgang SAWALLISCH, un portrait publié dans la revue Radio TV Je vois tout du 6 novembre 1975 en page 21, non crédité, sans aucunes informations
Wolfgang SAWALLISCH, un portrait publié dans la revue Radio TV Je vois tout
du 6 novembre 1975 en page 21, non crédité, sans aucunes informations
Dans l'enregistrement présenté ici, Wolfgang SAWALLISCH dirige l'Orchestre de la Suisse Romande - dont il fut le directeur artistique de 1970 à 1980 - dans le 4e concert de l'abonnement de la saison 1975-1976, donné au Victoria-Hall le mercredi 3 décembre 1975. Le concert fut à l'époque diffusé en direct par la Radio Suisse Romande dans son 2e programme:

Montage d'extraits de la revue Radio TV Je vois tout du 27 novembre 1975 en page 70
Montage d'extraits de la revue Radio TV Je vois tout du 27 novembre 1975, page 70
Après le concert, deux échos de la presse locale:

  ⇒   Franz WALTER dans le Journal de Genève du 4 décembre 1975 en page 10, rubrique «FLASHES MINUIT»:

"[...] Le chef de l'OSR devait ensuite faire ressortir avec un art consommé les divers climats expressifs qui parsèment la Symphonie No 4, dite Romantique de Bruckner. Une oeuvre prolixe, pontifiante et souvent naïve, mais dont on ne peut nier qu'elle renferme de belles éclaircies poétiques et évocatrices. Mais ne rouvrons pas la polémique brucknérienne! [...]"

«la polémique brucknérienne»... Même en 1975, les symphonies d'Anton Bruckner avaient encore de la peine à s'établir en Suisse Romande...

  ⇒   Henri JATON dans la Tribune de Lausanne / Le Matin du 8 décembre 1975, page 2:

"[...] Aux concerts d'abonnement de l'OSR - La 4e Symphonie de Bruckner

Qu'on le veuille ou non, la production d'Anton Bruckner demeure, aujourd'hui encore, sin­gu­liè­re­ment éloignée de nos auditoires latins... Jeudi dernier, lors du 4 concert d'abon­nement de l'Orchestre de la Suisse romande, plusieurs places du Théâtre de Beaulieu éaient inoccupées par leurs titulaires habituels, peu désireux d'entendre l'une des oeuvres les plus parfaites et les plus accessibles du maître de Saint-Florian: sa 4e Symphonie en mi bémol, dite „La Romantique“. Quant au public présent, il démontra un intérêt certain — si ce n'est un enthousiasme délirant... — à pénétrer dans le monde dont Bruckner lui suggère l'accès, et qui se révèle singulièrement opposé aux con­cep­tions musicales et esthétiques actuelles.

La Symphonie romantique s'impose tout d'abord par son admirable ordonnance ar­chi­tec­tu­rale qui se réfère aux dispositions coutumières d'Anton Bruckner, qui établit un prin­ci­pe de parfaite unité, en introduisant le rappel du thème essentiel dans la plupart des mouvements de l'ouvrage. Par ailleurs, nous retrouvons dans l'orchestration de la Symphonie le procédé pour lequel Bruckner marque une prédilection, en confiant aux cuivres - en l'occurence le cor - l'exposition du premier motif qui repose sur un un „trémolo“ des cordes.

Exécution redoutable

Ce n'est pas l'auditeur seulement que le répertoire d'Anton Bruckner pose l'obligation d'une indispensable adaptation; l'interprète lui-même a à résoudre de redoutables pro­blè­mes, tout en étant contraint de témoigner, dans l'accomplissement de sa tâche, d'une conviction absolue. À l'écoute de la 4e Symphonie, il ne m'est point apparu que le tem­pé­ra­ment de Wolfgang Sawallisch correspondait fidèlement à la nature et au caractère de l'illustre compositeur autrichien. Le chef de l'OSR nous a offert de la „Romantique“ une version d'une remarquable précision, mais à laquelle il manquait cet élan et cette ferveur si impérieusement indispensables à l'authentique traduction de la pensée brucknerienne.
[...]"

À noter que la version dirigée par Wolfgang Sawallisch est celle de 1886 (éditée par Leopold Nowak en 1953). Il l'enregistrera pour le disque (EMI) en 1993, avec l'Or­ches­tre Symphonique de Philadelphie.

Anton Bruckner, Symphonie No 4 en mi bémol majeur, WAB 104, dite „Romantique“, Orchestre de la Suisse Romande, Wolfgang Sawallisch, 3 décembre 1975, Victoria-Hall, Genève

        1. Bewegt, nicht zu schnell                     17:24 (-> 17:24)
        2. Andante, quasi allegretto                    14:28 (-> 31:52)
        3. Scherzo: Bewegt - Trio: Nicht zu schnell     10:33 (-> 42:25)
        4. Finale: Bewegt, doch nicht zu schnell        19:39 (-> 62:04)

Provenance: Radiodiffusion

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En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Bewegt, nicht zu schnell


2. Andante, quasi allegretto


3. Scherzo: Bewegt - Trio: Nicht zu schnell


4. Finale: Bewegt, doch nicht zu schnell



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Extrait de la brochure-programme du 9e concert d'abonnement donné le 5 mars 1904 au Théâtre de la Ville de Genève
Extrait de la brochure-programme du 9e concert d'abonnement
donné le 5 mars 1904 au Théâtre de la Ville de Genève  RETOUR
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