Édouard LALO
Namouna, sélection de pièces orchestrales
André PÉPIN, flûte, Orchestre de la Suisse Romande
Ernest ANSERMET
16 et 18 au 20 octobre 1966, Victoria Hall, Genève
Le ballet Namouna naquit d'une commande du directeur de l'Opéra de Paris, Vaucorbeil, qui, ne pouvant ou ne voulant pas produire Le Roi d'Ys, demanda à Lalo un ballet, en précisant que le scénario devait être d'Henri Blaze, un ami qu'il souhaitait aider par la même occasion. Lalo reçut le scénario le 21 juillet 1881 et disposa de quatre mois pour composer sa partition. Travaillant quatorze heures par jour, il réussit sa tâche, mais avant que l'orchestration ne soit achevée, il tomba gravement malade. Vingt jours de grâce lui furent accordés pour achever la partition. Cela ne put toutefois suffire que grâce aux visites quotidiennes de Charles GOUNOD, qui écrivit les dernières séquences sous les instructions de Lalo. La première représentation fut donnée le 6 mars 1882 - 15 représentations suivirent avant que le ballet Namouna soit retiré du programme.
Lalo prépara ensuite lui-même les suites orchestrales afin que le Ballet Namouna puisse rester connu dans les salles de concert. Trois mouvements de la première suite furent donnés en première audition le 7 janvier 1883, sous la direction de Charles Lamoureux, qui dirigea également le dernier mouvement le 16 mars suivant. La seconde suite ne fut donnée en première audition que bien plus tard, le 3 novembre 1895, sous la direction de Gustave Doret à la Societé Nationale.
Namouna souffre d'un scénario plutôt extravagant... L'intrigue se déroule dans un archipel grec au XVIIe siècle. Dans une maison de jeu de Corfou, deux seigneurs, Ottavio et Adriani, jouent aux dés. Ottavio gagne tout ce qui appartient à Adriani, y compris la belle esclave voilée Namouna. Frappé par son charme et sa grâce, Ottavio lui rend sa liberté et lui offre les richesses qu'il a gagnées d'Adriani. Ce dernier provoque une querelle avec Ottavio, qu'interrompt Namouna, déguisée en fleuriste. Elle tente en vain de gagner l'amour d'Ottavio, mais celui-ci est épris de la jeune et jolie Helena. Namouna réussit cependant à sauver la vie d'Ottavio, car sa bande de marins met en fuite les ruffians engagés par Adriani. Les marins capturent Ottavio et le conduisent sur un bateau où l'attend une femme voilée: c'est, bien sûr, Namouna. Le bateau les emmène sur une île où les compagnons de Namouna en servitude sont libérés par sa générosité. Adriani les poursuit avec une bande de pirates, mais les filles esclaves et la boisson les désarment. Ottavio est sauvé, Adriani est terrassé et le couple désormais heureux, Ottavio et Namouna, s'échappe, accompagné des esclaves libérés.
Recto de la pochette du disque Decca LONDON CS 6536
Dans des sessions qui durèrent du 17 au 20 octobre 1966, bien entendu dans le Victoria Hall de Genève, Ernest ANSERMET et l'Orchestre de la Suisse Romande enregistrèrent le choix suivant de pièces d'Édouard LALO:
Extrait du verso de la pochette du disque Decca LONDON CS 6536
Ce choix comprent les 4 pièces composant la Suite No 1, „La Sieste“ tirée de la Suite No 2, la „Valse de la cigarette“ du premier acte, l'„Andantino“ tiré de la musique de ballet composée pour „Fiesque“ et la Rapsodie pour orchestre dite “norvégienne“:
1. Prélude (acte 1 No 2): Un mouvement aussi grandiose et solennel ne pouvait que marquer le début d'une oeuvre complète - en fait, ici, il donne davantage l'impression d’être l’aboutissement que le commencement.
2. Sérénade (acte 1 No 3): Une scène sur le balcon. Ottavio a engagé des musiciens pour jouer une sérénade à la ravissante Héléna. Des harpes et des cordes en pizzicato imitent les mandolines dans ce tempo rapide à trois temps si cher à Lalo.
3. Thème varié (acte 2 No 17): Ottavio et Namouna dansent lentement autour de quatre groupes de femmes portant de grands bouquets de fleurs. Le thème langoureux et ses trois variations correspondent aux quatre “paniers“ formés par les danseuses.
4. Parade de foire, fête foraine (une partie du finale du premier acte, No 11): Une scène animée est dépeinte, dans laquelle se mêlent danseurs et musiciens, tandis qu'Ottavio courtise ardemment Héléna sous le regard de Namouna. La section centrale est un élégant solo de flûte, parfait pour la danse (Acte II, No 19, „Danse de Namouna“) et la „Fête foraine“ (Acte I, No 5), qui donnent un finale tumultueux à la Suite, reprenant un thème ostinato obsessionnel tiré des „Parades de foire“.
5. Sieste (acte 2, No 12): Le second acte s'ouvre sur une scène orientale voluptueuse dans laquelle Ali, le riche marchand d'esclaves, est entouré de ses nombreuses et belles esclaves. Un rythme hypnotique vient souligner cette atmosphère de farniente.
6. Valse de la cigarette: La troisième suite, qui ne fut jamais publiée, comprenait la «Valse lente» du premier acte, connue sous le nom de «Valse de la cigarette» car, dans la version ballet, elle comporte une scène mimée dans laquelle Ottavio demande à Namouna de rouler sa propre cigarette afin qu'elle termine la danse en fumant.
Étiquette recto du disque Decca London CS 6536
Édouard Lalo, Namouna, sélection de pièces orchestrales, André Pépin, flûte, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 16 et 18 au 20 octobre 1966, Victoria Hall, Genève
1. Prélude (acte 1 No 2) 06:10 (-> 06:10)
2. Sérénade (acte 1 No 3) 05:39 (-> 11:49)
3. Thème varié (acte 2 No 17) 05:21 (-> 17:10)
4. Parade de foire, fête foraine (acte 1 No 11) 09:13 (-> 26:23)
5. Sieste (acte 2, No 12) 02:56 (-> 29:19)
6. Valse de la cigarette 05:26 (-> 34:45)
Provenance: Decca LONDON CS 6536
Cet exemplaire du disque a quelques endroits tellement encrassés et / endommagés qu'il est impossible de les nettoyer et / ou restaurer correctement: il en résulte quelques distorsions très désagréables, heureusement assez courtes.