Haut de page
Retour sur la page d´accueil de mon site - OUVRE UNE NOUVELLE FENÊTRE)

Nikos SKALKOTTAS
5 des 36 danses grecques AK 11b
Orchestre de la Suisse Romande
Edmond APPIA
30 octobre 1957

En seulement une quinzaine d'années, de 1935 à son décès, Nikos SKALKOTTAS créa une oeuvre respectable, d'une complexité structurelle et d'une maîtrise architecturale croissantes, qui culmina dans des oeuvres telles que la symphonie „Le Retour d'Ulysse“ (1942), initialement conçue comme un prélude d'opéra, aux multiples facettes captivantes, et la Deuxième suite pour orchestre, inachevée. Cette dernière comprend le Largo sinfonico, de grande envergure, et l'Ouverture concertante (1944-45), au rythme saccadé. Skalkottas se révéla être un orchestrateur imaginatif, maître de l'équilibre vertical et des crescendos de grande envergure, qui rédigea en 1940 une technique d'orchestration qui est restée, à ce jour, à l'état de manuscrit. Il ne put réaliser la fusion qu'il souhaitait peut-être entre l'idiome folklorique de ses Danses grecques et les moyens d'expression atonaux, néoclassiques et dodécaphoniques car il décéda trop jeune, en 1949.

Nikos SKALKOTTAS composa ses 36 Danses Grecques (cataloguées AK 11) très jeune, entre 1931 et 1936; il les réunissa en trois séries de douze danses chacune. Avec leur idiome entraînant, leur force immédiate et leur authenticité, elles représentent l’un de ses travaux les plus célèbres et les plus populaires, célébrant avec imagination et énergie la musique folklorique grecque - orchestrée pour orchestre symphonique.

Quelques précisions sur les cinq de ces 36 danses que Nikos Salkottas arrangea pour cordes (catalogués AK 11a):

«« La DANSE D’ÉPYRE (région montagneuse du Nord-Ouest de la Grèce), nous plonge directement dans l’univers rude et hypnotique de son folklore. Ce n’est pas une danse brillante ou festive au sens léger du terme: elle est tellurique, austère et profondément enracinée dans la terre, évoquant souvent les instruments populaires, en particulier la clarinette, emblématique de la musique d’Épire. Les phrases semblent tourner sur elles-mêmes, avec des ostinatos et des répétitions qui renforcent le caractère hypnotique de la danse. On a l’impression d’un rituel plus que d’un divertissement. Nikos Skalkottas, pourtant formé aux techniques modernes et au dodécaphonisme, s’efface ici derrière la tradition. Il ne modernise pas agressivement: il respecte la sobriété, la gravité et la dignité de cette danse populaire, tout en lui donnant une structure très maîtrisée.

Dans la DANSE DE CRÈTE, Nikos Skalkottas rend hommage à la tradition musicale cré­toi­se, mais sans jamais se contenter d’un simple folklore arrangé. La pièce s’appuie sur des rythmes de danse populaires – énergiques, parfois légèrement asymétriques – et sur des modes d’inspiration grecque, ce qui lui donne une couleur à la fois archaïque et immédiatement reconnaissable. On y sent l’élan collectif de la danse, presque physique, avec une pulsation obstinée qui pousse toujours vers l’avant.

La DANSE DE ROUMÉLIE a un caractère robuste, terrien et fier. On y sent une énergie collective, presque cérémonielle, qui évoque les danses traditionnelles exécutées en cercle ou en ligne. L’ambiance est souvent martiale sans être agressive, avec une tension rythmique constante et une impression de mouvement ininterrompu. Le rythme est irrégulier et fortement accentué, typique des danses populaires grecques, ce qui donne à la musique un côté légèrement heurté mais très vivant. Nikos Skalkottas ne se contente pas d’orchestrer un air folklorique: il recompose la tradition à travers un lan­ga­ge moderne, parfois anguleux, mais toujours profondément grec. C’est une musique à la fois archaïque et moderne, enracinée dans la terre et pensée avec une rigueur pres­que néoclassique.

La DANSE D’ARCADIE, l’une des pièces les plus lumineuses et terriennes du cycle des Danses grecques, évoque une région mythique et réelle du Péloponnèse, souvent as­so­ciée à une Grèce pastorale, idéale, presque intemporelle. Elle repose sur un rythme populaire vif et obstiné, typique des danses traditionnelles grecques. Skalkottas y uti­lise des motifs courts et répétitifs, parfois martelés, qui donnent une sensation d’élan collectif. La pulsation est très présente: on sent le sol, les pas, l’énergie physique de la danse. Son écriture est franche, colorée et rythmique, sans lourdeur folkloriste. Skal­kottas ne cite pas simplement un air traditionnel: il le recompose, le stylise, en y in­té­grant son langage moderne — parfois anguleux, parfois abrupt — tout en restant im­mé­dia­tement lisible et entraînant. L’atmosphère oscille entre rusticité joyeuse et vigueur presque primitive. Ce n’est pas une Arcadie rêvée et douce, mais une Arcadie vivante, rugueuse, animée par la communauté et la danse. On y entend à la fois la mémoire populaire grecque et la main d’un compositeur du XXe siècle, formé à la modernité européenne mais profondément attaché à ses racines.

La DANSE DES KLEFTES est une pièce orchestralement très vive et fortement marquée par l’imaginaire populaire grec. Les Kleftes étaient des combattants et bandits-mon­ta­gnards grecs, figures à la fois rebelles et héroïques de la résistance contre l’occupation ottomane. Skalkottas ne cherche pas à raconter une histoire précise, mais à saisir l’esprit de liberté, de bravoure et de rudesse associé à ces personnages. La danse est énergique, virile et tendue, avec un sentiment constant de mouvement et d’urgence. Le rythme est souvent irrégulier et incisif, rappelant les danses traditionnelles grecques de montagne, où les pas sont lourds, ancrés dans le sol, presque martiaux. »»

Walter GOEHR révisa les arrangements de Nikos SKALKOTTAS et y ajouta une partie de contrebasse. La première audition fut donnée sous sa direction le 1er décembre 1953 au Royal Albert Hall de Londres. La partition (cataloguée AK 11b) fut publiée trois ans plus tard à Londres chez «Universal Edition»:


Dans l'interprétation qui en est proposée ici, Edmond APPIA dirige l'Orchestre de la Suisse Romande - un concert qui fut diffusé en direct sur l'émetteur de Sottens, dans le cadre du traditionnel concert du mercredi soir:

Ces 5 Danses ouvraient la seconde partie du concert:

Edmond APPIA et Nikos SALKOTTAS
Edmond APPIA et Nikos SALKOTTAS

Nikos Skalkottas, 5 des 36 danses grecques AK 11b, Orchestre de la Suisse Romande, Edmond Appia, 30 octobre 1957

        1. Epirotikos (I, 4). Moderato                  01:26 (-> 01:26)
        2. Kretikos (I, 2). Allegretto moderato         01:44 (-> 03:10)
        3. Tsamikos (I, 1). Allegro moderato            02:02 (-> 05:12)
        4. Arkadikos (III, 10). Moderato                03:05 (-> 08:17)
        5. Kleftikos (III, 3). Allegro vivo             02:07 (-> 10:24)

Provenance: Radiodiffusion

Vous pouvez obtenir cet enregistrement ...

pour un téléchargement libre

5 fichier(s) FLAC et 1 fichier PDF dans 1 fichier ZIP


En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Epirotikos, Danse d'Épyre (I, 4). Moderato


2. Kretikos, Danse de Crête (I, 2). Allegretto moderato


3. Tsamikos, Danse de Roumélie (I, 1). Allegro moderato


4. Arkadikos, Danse d'Arcadie (III, 10). Moderato


5. Kleftikos, Danse des Kleftes (III, 3). Allegro vivo