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Hector BERLIOZ
Symphonie en quatre parties avec alto principal
Harold en Italie“, op. 16, H 68
Enrique SANTIAGO, alto
Grand Orchestre de la Suedwestfunk
Ernest BOUR
26 juin 1973

La Symphonie en quatre parties avec alto principal „Harold en Italie“, op. 16, H 68), est une oeuvre qu'Hector BERLIOZ composa en 1834. Elle tient à la fois de la symphonie et du concerto, bien que le rôle assigné à l'alto soit très différent de celui qui aurait été le sien dans un véritable concerto, ce qui constitue l'une des nombreuses originalités de cette partition extraordinaire à plus d'un titre. Tout au long de l'oeuvre, la partie inhabituelle de l'alto représente le protagoniste titulaire, Harold.

"[...] je voulus faire de l'alto, en le plaçant au milieu des poétiques souvenirs que m'avaient laissés mes pérégrinations dans les Abruzzes, une sorte de rêveur mélancolique dans le genre du Childe-Harold de Byron. De là le titre de la symphonie: Harold en Italie.[...]" cité de cette page des Mémoires de Berlioz, chapitre 45, une page qui résume ce qu'écrivit le compositeur sur l'histoire de la genèse de son oeuvre.

À l'encontre de la Symphonie fantastique, Harold en Italie n'a pas de programme - Hector Berlioz se contentant de donner des titres à ses quatre parties afin d'en indiquer leur caractère:

1: Harold dans les montagnes. Scènes de mélancolie, de bonheur et de joie
2: Marche des pélerins chantant la prière du soir
3: Sérénade d'un montagnard des Abbruzes à sa maîtresse
4: Orgie de brigands. Souvenir de scènes précédentes

Une courte description de ces quatres parties, citée des notes de David CAIRNS, dans une traduction de Claire DELAMARCHE, publiées en 2014 dans le livret de ce SACD Hybrid LSO Live:

"[...] „Harold dans les montagnes“: ce premier mouvement s'ouvre par un fugato sombre et chromatique, débutant aux violoncelles et contrebasses, avec un contresujet plaintif de basson et de hautbois. Les vents ajoutent un air mélancolique qui se révélera être une version minorisée du “thème d'Harold“. La musique progresse jusqu'à un fortissimo grandiose, obscurci de nuages, après quoi le fugato reprend. Il culmine dans un grand épanouissement, puis la texture s'éclaircit, sol mineur se transforme en sol majeur dans un effet soudain de soleil qui perce, et des arpèges de harpe introduisent le soliste.

L'alto présente le thème principal – une mélodie généreuse, avec une touche de mélancolie – durant quelque 30 mesures. Le thème est repris ensuite sous une forme légèrement écourtée et en canon, richement orchestré. Cela conduit à l'Allegro, dans une mesure à 6/8 et une allure décontractée, souplement cadencée (la vitesse est confinée à la coda). Le guilleret second thème ne fais que feindre une modulation au ton attendu de la dominante; et, une fois achevée l'exposition du matériau musical, les éléments formels (développement, réexposition, coda) sont fondus en un processus unique et continu dans lequel les superpositions rythmiques et métriques, constantes de l'oeuvre entière, sont particulièrement à l'honneur.

La „Marche des pèlerins“ se déploie en une arche unique (de pppp à f, et retour à pppp), et trois idées y seront développées en musique: l'approche de la procession à travers le vaste paysage vespéral et sa disparition dans le crépuscule, le passage graduel du jour à la nuit, et le changement de sentiment dans l'esprit de l'observateur esseulé, du contentement à l'angoisse et à la solitude.

Le matériau musical consiste en un ample thème en mi majeur répété de nombreuses fois sous des formes diverses, harmonisé de manière changeante, au-dessus d'une basse au pas traînant; deux sons évoquant des cloches et revenant constamment (un do naturel carillonnant aux cors et à la harpe et un si plus fin, plus vif à la flûte, au hautbois et à la harpe); un fragment de choral aux bois, en alternance avec les cordes avec sourdines; et les commentaires de l'alto solo, tout d'abord au son du “thème d'Harold“, puis sur une série d'arpèges joués au chevalet. Dans le long diminuendo final, les notes de cloche et le thème de marche (cordes en pizzicatos) s'évanouissent progressivement, jusqu'à ce que seul l'alto soit encore perceptible

„Sérénade“: l'idée du troisième mouvement provient des pifferari, des joueurs d'instruments à vent itinérants que Berlioz avait rencontrés durant son séjour en Italie. Un air de hautbois et de piccolo vif et perçant, au-dessus d'une basse en bourdon, accompagné par un rythme persistant aux altos de l'orchestre, laisse place à un Allegretto moitié plus lent, dont la mélodie de cor anglais est embellie par les autres vents puis combinée avec le “thème d'Harold“ (qui lui est apparenté thématiquement). Le bref Allegro est ensuite répété, après quoi la musique et les tempos des deux sections se superposent tandis que résonne, loin au-dessus, le “thème d'Harold“ à la flûte et à la harpe.

„Orgie de brigands“: le finale débute par un brutal rappel à l'ordre, plein de vigoureuses syncopes. Puis les thèmes des mouvements précédents sont passés tour à tour en revue et rejetés, à la manière du finale de la Neuvième de Beethoven, mais pour des raisons opposées: Beethoven a pour dessein de nettoyer la voie pour un nouvel élément, la voix humaine, et Berlioz d'éliminer le soliste. Le “thème d'Harold“ est le dernier à partir, se faisant de plus en plus indistinct avant l'assaut des brigands réunis. Le rythme domine à présent, avec des percussions déchaînées, et l'orchestre est éclatant. (L'élan de la musique, son exubérance rythmique et sonore préparent à l'opéra de Berlioz Benvenuto Cellini, composé deux ans plus tard.)

À la fin, l'orchestre s'immobilise, et l'on entend au loin (deux violons et un violoncelle en coulisse) un écho de la Marche de pèlerins. L'alto solo est poussé à une réponse momentanée. Puis ses commentaires nostalgiques se mêlent de nouveau au tumulte de l'orchestre, l'orgie reprend et conduit con fuoco à la conclusion frénétique de ce mouvement.
[...]"

Enrique SANTIAGO (portrait cité de la page www.genuit.de/Genuit/Partner/p_Enrique_Santiago.htm), Hector BERLIOZ (peinture d'André GILL, d'abord attribuée à Honoré DAUMIER) et Ernest BOUR
Enrique SANTIAGO (portrait cité de cette page du site genuit.de), Hector BERLIOZ
(peinture d'André GILL, d'abord attribuée à Honoré DAUMIER) et Ernest BOUR
L'interprétation de la Symphonie en quatre parties avec alto principal „Harold en Italie“, op. 16, H 68, d'Hector BERLIOZ présentée ici fut enregistrée le 26 juin 1973, Ernest BOUR dirigeant le Grand Orchestre de la Suedwestfunk, avec l'alto solo de l'or­ches­tre, Enrique SANTIAGO.

        1. Harold aux montagnes: scènes de mélancolie, de bonheur
          et de joie (Adagio-Allegro)                            15:57 (-> 15:57)
        2. Marche des pèlerins chantant
          la prière du soir (Allegretto)                         07:46 (-> 23:43)
        3. Sérénade d'un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse
          (Allegro assai-Allegretto)                             06:06 (-> 29:49)
        4. Orgie de brigands. Souvenirs des scènes précédentes
          (Allegro frenetico-Adagio)                             12:29 (-> 42:18)

Provenance: Radiodiffusion

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En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Harold aux montagnes


2. Marche des pèlerins


3. Sérénade


4. Orgie de brigands