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Johann Sebastian BACH
Concerto en la majeur, BWV 1055
Ruggero GERLIN, clavecin
Orchestre Cento Soli de Paris
Victor DESARZENS
1957

Une courte présentation de cette oeuvre, traduite des notes de Kurt STONE publiées au verso de la pochette du disque VOX PL 6260:

«« Ce n'est que pour le concerto en la majeur (No 4) que nous n'avons aucun indice sur la source ou le modèle, s'il y en a un. En fait, on suppose parfois que le No 4 n'était pas une transcription mais une oeuvre originale; Adolf Aber fait remarquer (dans le Bach-Jahrbuch de 1913) que la partition autographe des sept concertos montre une différence dans la procédure de travail de Bach pour le No 4. Dans les six autres concertos, il semble d'abord n'avoir copié que les passages d'ouverture des parties originales de violon et de basse. Il a ensuite procédé à des changements adaptatifs, et ce n'est qu'après avoir décidé de ces changements qu'il a copié le reste des mouvements, de sorte que plus tard, lorsque les passages modifiés reviennent, seules les nouvelles versions modifiées apparaissent. De plus, il semble avoir ajouté les voix centrales quelque temps après. Le No 4 contient moins de changements que tous les autres concertos, et ils sont répartis uniformément sur toute la partition. En outre, toutes les voix semblent avoir été écrites en même temps. Ce n'est pas une preuve, bien sûr, mais cela donne du poids à l'hypothèse.
[...]
Il s'agit du concerto qui a peut-être été écrit à l'origine en pensant au clavecin. Cependant, sur le plan textuel, il suit d'assez près les autres que nous savons être des transcriptions. Le clavecin est écrit en deux parties pratiquement tout au long du concerto. La main droite joue les passages solistes, tandis que la main gauche suit le continuo, sauf, bien sûr, lorsque la basse de l'orchestre tombe, comme dans les sections solistes. En fait, ce système est suivi avec encore plus de rigidité dans ce concerto que dans certains autres.

Le premier mouvement, Allegro, s'ouvre dans l'orchestre sur deux mesures d'accords brisés. Ils sont embellis par des arpèges plus rapides au clavecin, mais dès que le tutti passe à un matériau plus mélodieux, le solo suit les premiers violons à l'unisson. Le matériau mélodique des sections du solo est en partie indépendant de celui du tutti, en partie repris de celui-ci, et à un endroit, aux deux tiers du mouvement, les rôles des accords brisés du tutti en croches contre les doubles croches du solo, sont inversés pendant deux mesures.

Le deuxième mouvement, Larghetto, est un mouvement de cantilène typiquement italien. Quelques mesures orchestrales d'introduction, et une longue mélodie soliste ornée, occasionnellement interrompue, et finalement conclue par la partie tutti de l'ouverture.

Le troisième mouvement, Allegro ma non tanto, s'ouvre par une cascade puissante sur deux octaves. Les sections solistes ont un support thématique dérivé du tutti mais transformé en une humeur plus douce. Au retour de la ritournelle, la tendance descendante du passage d'ouverture est inversée à la fin, bien que le solo la conserve. Vers la fin, sa forme originale est restaurée. »»

Victor DESARZENS dirige ici l'Orchestre des CENTO SOLI de Paris, l'énigmatique orchestre des CENTO SOLI de Paris...

Une courte description de
Benoit du Quartier des Archives qui résume bien l'état des connaissances actuelles sur la nature de cet orchestre:

"[...] les Cento Soli devaient être une réunion de divers musiciens (excellents) provenant de diverses associations parisiennes du temps où le "cachetonnage" était encore pratique courante (sauf pour l'Orchestre National qui était une formation "bloquée", les autres instrumentistes parisiens s'échangeaient régulièrement leurs chaises pour pouvoir assurer d'autres missions plus lucratives aux moments des répétitions et des concerts...).

Il y avait sûrement une proportion de musiciens de l'OSCC dans certaines sessions d'enregistrement car on trouve les noms de Pierre Nérini (violon solo dans la 4e Suite de Tchaikovsky enregistrée par Serge Baudo) et Robert Casier (hautbois solo dans un disque de concertos de Haendel dirigés par Anthony Bernard).

Si ma mémoire est bonne, ces "Cento Soli" n'ont enregistré que pour le "Club Français du Disque" (parfois réédité par Musidisc ou Festival) dont le catalogue appartient désormais à Universal Music. Peut-on rêver qu'un jour ou l'autre un employé zélé d'Universal fera une recherche dans les archives comptables du groupe pour y chercher la liste des musiciens cachetonneurs de ces "Cento Soli" et faire le parallèle avec les formations parisiennes de l'époque? C'est sûrement très utopique...
[...]".

Le soliste est Ruggero GERLIN, un claveciniste très bien connu dans le cercle des passionés du clavecin, aujourd'hui hélas bien oublié par le grand public, malgré son impressionante discographie.

La première parution des deux enregistrements réédités sur ce disque Omega OSL 13 remonte aux années 1957 - 1958. Elle est - entre autres - mentionnée dans le "Ame­ri­can record guide" de 1958, ainsi qu'en page 34 du Billboard 26.01.1959: il est paru en monophonie et en stéréophonie; la première parution d'origine - sur le disque Club Français du Disque CFD 124, à ma connaissance seulement en mono - n'est pas encore mentionnée dans le 3e supplément du WERM 1953-1955 (les CFD cités dans ce dernier supplément du WERM sont les CFD 1 à 58). Le dépôt légal de la Bibliothèque Nationale de France a bien ce CFD 124, mais n'indique pas d'année de parution. Par contre un des disques précédents - le CFD 122 - est daté (P) 1958. Pour un des disques suivants - le CDF 128 - la BNF indique (P) 1959. 1957 ou 1958 pour la première édition de cet enregistrement est donc plausible. Je n'ai pas contre pas pu trouver de données sur la date d'enregistrement elle-même, ni sur l'endroit: il a certainement été fait à Paris.

Mon exemplaire du disque est dans un état splendide, avec toutefois un bruit de surface assez prononcé par endroits, comme c'est souvent le cas pour ces premiers disques stéréo - une stéréo qui en était encore à ses débuts. J'ai toutefois préféré ne pas essayer de le filtrer, afin de ne pas risquer d'altérer l'interprétation.

Johann Sebastian Bach, Concerto en la majeur, BWV 1055, Ruggero Gerlin, clavecin, Orchestre Cento Soli de Paris, Victor Desarzens, 1957

        1. Allegro                    04:53 (-> 04:53)
        2. Larghetto                  05:32 (-> 10:25)
        3. Allegro ma non tanto       04:37 (-> 15:02)

Provenance: Omega OSL 13

Vous pouvez obtenir ma restauration


3 fichier(s) FLAC et 1 fichier PDF dans 1 fichier ZIP


En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Allegro


2. Larghetto


3. Allegro ma non tanto