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Arthur HONEGGER
Pastorale d'été, H 31
Netherlands Philharmonic Orchestra
Walter Goehr

La composition de cette courte oeuvre pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et cordes date d'août 1920. Dédicacée „À Roland-Manuel“, elle fut donnée en première audition le 17 février 1921 par Vladimir Golschmann et son orchestre, salle Gaveau à Paris.

Arthur HONEGGER et son épouse Andrée VAURABOURG vers 1928, une photo de Boris LIPNITZKI
Arthur HONEGGER et son épouse Andrée VAURABOURG vers 1928
une photo de Boris LIPNITZKI
L’épigraphe de Rimbaud «J’ai embrassé l’aube d’été» sert de point de départ à ce poême symphonique en trois parties, d’ambiance heureuse qui sonne de façon radieuse et joyeuse dans une harmonie tout-à-fait tonale et d’une extrême simplicité de forme.

"[...] Fruit d’un heureux été de vacances passées au pied de la Jungfrau, à Wengen (Oberland bernois), cette page simple et sans apprêt, dont le succès bien compréhensible et immédiat (à sa création elle obtint à une écrasante majorité le prix Verley décerné par les auditeurs eux-mêmes) ne s’est jamais démenti, continue à faire la joie de nombreux orchestres de chambre, même de niveau modeste, grâce à sa relative facilité d’exécution. Elle porte en épigraphe une courte citation d’Arthur Rimbaud: «J’ai embrassé l’aube d’été...» et déroule sa fraîche idylle dans une simple coupe ternaire A-B-A’, dont le troisième volet superpose la matière des deux premiers, procédé qu’Honegger affectionne et utilisera souvent, grâce à sa maîtrise de l’écriture.

L’oeuvre est un parfait exemple du sens honeggérien de la dominante: ses trois dièses à la clef semblent annoncer la majeur, mais comme elle se déroule en grande partie à la dominante de la, Honegger laisse longuement planer le doute entre cette tonalité et un mi majeur myxolydien (en mode de sol, sans sensible). Sur de paisibles figures d’accompagnement doucement ondulantes (trois motifs différents), le cor déroule sa longue et paisible mélodie
[...].

Reprise ensuite en canon, elle aboutit à un crescendo très «faunesque» menant au volet central animé (Vif et gai, mes. 48- 107), au ton principal de si bémol majeur. Un vif appel pastoral du basson suscite deux mélodies nouvelles, toutes deux hommages très nets à la Symphonie pastorale de Beethoven (auquel Honegger, seul parmi les «Six», demeura toujours fidèle): la première à la clarinette, proche du premier mouvement de cette Symphonie, la seconde, aux violons, rappelant le Trio à 2/4 de son Scherzo, sur un accompagnement staccato légèrement polytonal, seule touche «moderne» de la partition. On remarquera, entre les deux, la passagère modulation en fa dièse mineur, frisson de fraîcheur subite, comme si un petit nuage était venu voiler le soleil... Ces deux mélodies se superposent au seul fortissimo, bien modeste, de la pièce (mes. 96), à l’issue duquel on redescend doucement vers le troisième et dernier volet.

Ici (mes. 108-141) les vives arabesques
[...] se superposent à la rêveuse mélodie initiale, puis, dans un climat d’indicible poésie, les appels se font de plus en plus lointains, et un enchaînement modulant admirable, qui se souvient certainement de la fin du Prélude à l’après-midi d’un faune, nous mène, par ré bémol / ut dièse et ré majeur à mi majeur, dont la tonique s’affirme pour la première fois, avec la mélodie [...] à la flûte limpide. Pourtant l’accord final demeure volontairement évasif: mi-si-ré-fa dièse-la, soit mi majeur sans sa tierce, mais avec le ré indiquant encore la dominante non résolue de la! [...]" cité de l'ouvrage de Harry Halbreich „Arthur Honegger - Un musicien dans la cité des hommes“, Fayard 1992.

Détail du recto de la pochette du disque Concert Hall H-12
Détail du recto de la pochette du disque Concert Hall H-12
L'enregistrement proposé ici - Walter GOEHR dirigeant un orchestre nommé „Nether­lands Philharmonic Orchestra“ (un orchestre formé pour l'occasion, apparaissant très souvent dans les enregistrements Concert Hall & Sociétés affiliées, et non un précurseur de l'orchestre portant actuellement ce nom (Nederlands Philharmonisch Orkest), fondé bien plus tard, en 1985) - fut publié sur ce disque Concert Hall Limited Edition H 12, avec au recto la Sonate pour violon et piano en sol mineur, L 140, de Claude Debussy, avec Oliver Colbentson et Ernest Ulmer, et au verso cette Pastorale d'été, la face étant complétée avec un enregistrement du „Tombeau de Debussy“, une oeuvre composée par Paul Dukas, Albert Roussel, Gian Francesco Malipiero, Igor Stravinsky et Sir Eugene Goossens. On ne connaît ni la date d'enregistrement, ni la date exacte de première publication. La parution de ce disque est annoncée dans le 3e supplément du «The World's Encyclopiedia Of Recorded Music», qui couvre les années 1953 à 1955.

L'exemplaire du disque utilisé pour cette restauration ne peut pas nier son âge, l'enregistrement gratte un peu souvent...

Étiquette verso du disque Concert Hall H-12
Étiquette verso du disque Concert Hall H-12
Arthur Honegger, Pastorale d'été, H 31, Netherlands Philharmonic Orchestra, Walter Goehr

        Calme - Vif et gai - Tempo I (Calme), Tempo II (Très calme)       07:59

Provenance: Concert Hall H-12

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Calme - Vif et gai - Tempo I (Calme) - Tempo II (Très calme)