Ludwig van BEETHOVEN
Concerto pour piano en sol majeur No 4, op. 58
Wilhelm KEMPFF, piano
Orchestre Symphonique de Cologne (Orchestre du Gürzenich)
Joseph KEILBERTH
12 septembre 1956, Salle du Pavillon, Montreux
Cité du compte-rendu de Hermann LANG publié le 14 septembre suivant dans la Nouvelle Revue de Lausanne en page-7:
"[...] La personnalité du pianiste Wilhelm Kempff se détache au premier plan du troisième concert de Montreux. Cet artiste voit grand, dessine de vastes perspectives, domine de haut. Tout est magnifique achèvement , tout annonce le musicien de race: son style mâle, olympien, sa sonorité royale, unissant la puissance à l'infinie délicatesse. Il imprima au quatrième Concerto en sol majeur de Beethoven un cachet de noblesse et de pureté insurpassable. Les deux cadences, courtes mais frappantes, dont il est certainement l'auteur, témoignent d'un don d'invention dont les meilleurs interprètes de Beethoven ne sont pas coutumiers. Wilhelm Kempff est un très grand pianiste.
Le chef d'orchestre Joseph Keilberth règne depuis quelques années à Bayreuth. Mais il ne m'enthousiasma guère, il y a deux ans dans Tannhäuser et dans le Ring des Niebelungen. On s'étonne que, large d'épaules, puissamment charpenté, ce jeune chef ne rayonne que d'un pouvoir dramatique très limité. Il s'agita beaucoup dans l'Ouverture d'Euryanthe, de Weber, sans parvenir à animer la flamme chevaleresque de la célèbre partition. Seul, le Largo l'épisode parfumé de mystère, confié aux cordes en sourdine, fit quelque impression.
Joseph Keilberth, inclinant au rythme contemplatif , offrit une heureuse traduction de l'Inachevée de Schubert. Mais on peut rêver d'une interprétation plus intense.
Le même climat de modération se retrouva dans l'accompagnement du Concerto en sol de Beethoven, réalisé avec tact et sûreté.
Pièce de haute virtuosité orchestrale, Till Eulenspiegel, de Richard Strauss, demande comme première condition une mise au point impeccable. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Notre Orchestre romand, avec la fluidité, le brillant, le coloris, la magie de ses instrumentistes, de ses bois, en particulier, nous a rendus exigeants. Inutile d'énumérer les faiblesses techniques de l'interprétation du poème symphonique de Strauss par l'Orchestre de Cologne, à laquelle Joseph Keilberth présida avec quelque lourde bonhomie. [...]"
Voir cette page de mon site pour une courte présentation de l'oeuvre de Beethoven.
Wilhelm KEMPFF et Joseph KEILBERTH vers 1956
Une partie de ce concert fut diffusée en différé par la Radio Suisse Romande sur son émetteur de Sottens:
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano en sol majeur No 4, op. 58, Wilhelm Kempff, piano, Orchestre Symphonique de Cologne (Orchestre du Gürzenich), Joseph Keilberth, 12 septembre 1956, Salle du Pavillon, Montreux