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Ludwig van BEETHOVEN
Concerto pour piano en sol majeur No 4, op. 58
Arthur RUBINSTEIN, piano
Orchestre National de la RadioDiffusion Française
Vladimir GOLSCHMANN
19 septembre 1961, Septembre Musical de Montreux

Le programme général du XVIe Septembre Musical de Montreux 1961:

Le 8e concert du mardi 19 septembre fut donc donné par l'Orchestre National de la RadioDiffusion Française placé sous la direction de Vladimir GOLSCHMANN, avec Arthur RUBINSTEIN en soliste:

-►  Joseph Haydn, Symphonie No 88
-►  Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No. 4
-►  Johannes Brahms, Concerto pour piano No. 1

Cité du compte-rendu de Henri JATON publié le lendemain dans la Tribune de Lausanne en page 3:

"[...] Au Festival International de Vevey-Montreux - Dialogue avec Arthur Rubinstein.
[...] Revenant à l'audition d'hier soir, qui nous valait la présence, à l'estrade montreusienne, de l'un des plus prestigieux pianistes de notre temps, Arthur Rubinstein, on me croira aisément si j'affirme que ce n'est pas l'aspect “international“ que revêt l'éblouissante carrière de l'illustre virtuose, qui expliquera la teneur enthousiaste de mes commentaires.

On ne peut, en effet, que porter la plus vive admiration à l'artiste éminent qui, depuis tantôt cinquante ans, occupe l'une des premières places parmi les pianistes de notre temps. Élève d'Heinrich Barth — qui fut également le professeur de Wilhelm Kempff — Arthur Rubinstein doit, me semble-t-il, à un travail acharné davantage qu'à son maître, l'admirable autorité qui nous est, depuis longtemps, un motif d'émerveillement constant.

Toutefois, une influence a été déterminante dans la formation d'Arthur Rubinstein: celle du grand violoniste Josef Joachim qui, écoutant le petit Arthur, alors que celui-ci n'avait que cinq ans, prodigua à ses parents les plus précieux conseils, quant à la façon de donner à l'enfant un enseignement rationnel et profitable.

Rencontre providentielle, sans doute, et qui permit à Josef Joachim de mesurer le caractère exceptionnel des dons que l'on soumettait à son jugement. Mais, si l'on évoque cette prodigieuse disposition naturelle, Arthur Rubinstein n'est nullement disposé à en exagérer l'importance. „On m'accorde, en général, une facilité que je ne possède pas... J'ai dû réaliser un immense effort pour vaincre certaines difficultés que les jeunes pianistes qui viennent me demander conseil arrivent à résoudre avec une incroyable aisance... Croyez-moi,
[...]je n'ai commencé à travailler véritablement que depuis mon mariage... Je n'ai pas voulu que des amis puissent dire à mes enfants: Oui... Arthur, votre père, est arrivé à un bon résultat... Mais, il aurait pu mieux jouer encore, s'il avait travaillé davantage!... “

Si je compare, dans mon esprit, cet émouvant témoignage d'humilité, aux propos suffisants et présomptueux que me tiennent parfois certains de nos petits maîtres... force m'est de croire que la simplicité est le privilège des seules vraies valeurs... et qu'elle n'intervient qu'à partir d'un niveau élevé seulement...

La maîtrise inhabituelle qu'affirme Arthur Rubinstein a suscité maintes fois à son égard, des jugements aussi péjoratifs qu'erronnés. “Technique transcendante... mécanisme éblouissant...“, telles sont les appréciations simplistes que peut parfois susciter le spectacle d'un virtuose dominant souverainement les pires problèmes de l'écriture pianistique.

Les deux ouvrages sur lesquels Arthur Rubinstein avait porté son choix, en cette dernière occasion, nous fournissaient la possibilité de faire prompte justice de ces jugements: le concerto en sol, de Beethoven aussi bien que celui en ré mineur, de Johannes Brahms, par l’esprit qui les habite, ne sauraient faire appel qu’à la seule aisance digitale de leur exécutant.

D’un style moins “éclatant“ que celui du 5e concerto en mi bémol, le concerto en sol, de Beethoven, exprime un langage infiniment poétique, qui sollicite, dans sa traduction, la plus délicate sensibilité et les plus subtiles nuances.

Ce sont ces qualités-là dont Arthur Rubinstein nous offrit la plus éloquente démonstration, tout en nous rappelant l’impeccabilité légendaire d’un miraculeux toucher.

Il y a, dans l’art exceptionnel d’Arthur Rubinstein, l’affirmation d’un indiscutable pouvoir de domination et de conquête. Ne seraient-ce point là les vertus qu’exige une oeuvre de bravoure — et tout à la fois — de subtilité , telle que le concerto en ré mineur opus 15, de Johannes Brahms.

On a ergoté longtemps sur les circonstances de la création de cette page maîtresse de Johannes Brahms. Symphonie concertante ou Concerto?

Il n’est pas question de s’achopper à une définition, mais de reconnaître le caractère inhabituel d’un ouvrage dans lequel l’exposé pianistique, s’il veut demeurer fidèle au rôle qui est le sien, doit s’incorporer sans cesse à l’accompagnement orchestral pour maintenir à l’ensemble du discours instrumental son indispensable équilibre.

Ayant entendu à maintes reprises Arthur Rubinstein dans la présentation du concerto No 1, de Brahms, je crois pouvoir affirmer qu’il s’y révèle insurpassable. C’est l’impression, qu’une nouvelle fois, nous pûmes retirer hier soir d’une interprétation, réalisée sous la conduite de Wladimir Golschmann, et à laquelle les divers registres de l'Orchestre National de Paris — celui des cuivres en particulier — apportèrent une contribution remarquable, à l’exception de quelques menus décalages entre l’ensemble orchestral et le prestigieux soliste.

La chaleur suffocante qui régnait au Pavillon des concerts influença peut-être la justesse des bois aussi bien que l’accord des notes supérieures du piano.

Ces incidents, sans trop d’importance, n’altérèrent en rien notre totale satisfaction qui fut comblée encore par l’exécution de la Grande Polonaise en la bémol de Chopin et de la Danse du Feu, de Manuel de Falla qu’Arthur Rubinstein voulut bien exécuter en bis.

Ce magnifique concert de “gala“ avait débuté par l’interprétation, conduite dans un excellent style par Wladimir Golschmann, de la Symphonie No 88 en sol majeur, de Josef Haydn.
[...]"

Pour une présentation du concerto de Beethoven, voir cette page de mon site avec l'enregistrement fait en 1955 à Paris, André CLUYTENS dirigeant l'Orchestre National de la Radio­Diffusion Française, avec Clara HASKIL en soliste.

Vladimir GOLSCHMANN, un portrait (non crédité) publié entre autres dans la Tribune de Lausanne du 20 septembre 1961, en page 3, Arthur RUBINSTEIN, extrait d'une photo prise par Ben Porat
Vladimir GOLSCHMANN, un portrait (non crédité) publié entre autres dans la Tribune de Lausanne du 20 septembre 1961, en page 3, Arthur RUBINSTEIN, extrait d'une photo prise par Ben Porat
Le concert fut diffusé en différé, par la RadioDiffusion Française sur sa chaîne nationale le 24 septembre suivant puis par la Radio Suisse Romande - en deux parties sur son émetteur de Sottens resp. sur son second programme:

La seconde oeuvre de ce concert:

Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano en sol majeur No 4, op. 58, Arthur Rubinstein, piano, Orchestre National de la RadioDiffusion Française, Vladimir Golschmann, 19 septembre 1961, Septembre Musical de Montreux

        1. Allegro moderato            18:23      (-> 18:23)
        2. Andante con moto            04:53:500  (-> 23:16:500)
        3. Rondo: Vivace               10:12:500  (-> 33:29)

Provenance: Radiodiffusion

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1. Allegro moderato


2. Andante con moto


3. Rondo: Vivace