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Carl Maria von WEBER
Ouverture d'«Obéron», J 306
Orchestre national de l’ORTF
Zubin MEHTA
29 juin 1965, Théâtre des Champs-Elysées, Paris

Obéron, ou Aubéron, est le roi des fées dans de nombreuses légendes médiévales. Il apparaît dans la littérature dès le haut Moyen Âge (Huon de Bordeaux), puis dans de nombreuses oeuvres, par exemple chez William Shakespeare, dans Le Songe d'une nuit d'été (vers 1590), aussi bien anciennes (Geoffrey Chaucer, Edmund Spenser, Christoph Martin Wieland, etc.) que modernes. Son nom germanique est Alberich, que l'on retrouve dans la Chanson des Nibelungen.

Dans l'opéra de Carl-Maria von Weber, il s'agit de l'Obéron des «Prouesses et faitz du noble Huon de Bordeaux», un personnage féerique qui aide le héros de cette chanson de geste. L'elfe Obéron est d'une taille de nain mais d'une grande beauté: lors de son baptême, une fée offensée l'a condamné à cette petite taille - première mention d'une mauvaise marraine-fée. Quelque peu radoucie, elle lui aurait ensuite accordé en compensation la beauté. Pour plus de détails voir par exemple cette page de Wikipedia.

Le livret original d'«Oberon, or The Elf King's Oath» - Litt. «Obéron ou le Serment du roi des Elfes» - fut écrit par le dramaturge britannique James Robinson Planché, inspiré de l'épopée en quatre chants de Christoph Martin Wieland, parue en 1780 (elle-même basée sur l'épopée médiévale Huon de Bordeaux).

Pendant l'été 1824, à Marienbad, Carl-Maria von Weber avait fait la connaissance de Charles Kemble, directeur du Covent Garden de Londres, qui lui demanda de composer un opéra en anglais. Après la première, Weber fut toutefois tellement mécontent du livret de Planché, qu'il entreprit immédiatement la révision de la partition et l'adaptation du livret en allemand, en revenant aux sources du poème de Christoph Martin Wieland. Affaibli par la tuberculose, Carl-Maria von Weber décède brusquement le 5 juin 1826, avant de pouvoir donner la première audition de son oeuvre en allemand.


Obéron et Titania, son épouse - Extrait d'une oeuvre de Sir Joseph Noel Paton, «The Reconciliation of Oberon and Titania», 1847, NG 294, National Galleries Scotland

Son ouverture conduit - dès les premières mesures - au seuil du monde enchanté des Elfes, dont Obéron est le roi:

"[...] L'introduction débute par l'appel du cor enchanté d'Obéron, très simple motif de trois notes. Lui réplique, en notes piquées, un dessin aérien des bois greffé sur le murmure arachnéen des cordes et la légère scansion rythmique suggérée aux trompettes: Puck et le monde des esprits répondent à l'appel de leur maître. L'Allegro qui enchaîne s'ouvre sur une arabesque ascendante des violons, d'un irrésistible élan, et exposera deux thèmes principaux:

     celui, héroïque et chaleureux, du chevalier Huon de Bordeaux (la clarinette);

     l'autre bâti sur la tendre mélodie d'amour de Rezia («O Hüon, mein Gatte»), qui s'épanouit dans un radieux lyrisme (aux violons). Développement, puis récapitulation;

et c'est dans l'efflorescence du plus pur bel canto instrumental (air de Rezia) que s'achève cette ouverture, - exemple plus que significatif du génie weberien et de ses inspirations poétiques.
[...]" cité du Guide de la musique symphonique publié sous la direction de François-René Tranchefort.

Zubin Metha dirigeant l'Orchestre Symphonique de Montréal
21 septembre 1963, Archives de la Ville de Montréal

En juin 1965 Zubin METHA donnait à Paris ses premiers concerts avec l'Orchestre National de l'ORTF; le concert du 29 juin 1965, donné au Théâtre des Champs-Élysées, s'ouvrait avec cette ouverture d'Obéron.

Voici donc...

Carl Maria von Weber, Ouverture d'«Obéron», J 306, Orchestre National de l’ORTF, Zubin Mehta, 29 juin 1965, Théâtre des Champs-Elysées, Paris (Adagio sostenuto - Allegro 08:43)

Provenance: Radiodiffusion, Archives RTF resp. INA

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