Sergei PROKOFJEW
Concerto pour violon et orchestre No 1, Op. 19
Edith PEINEMANN, violon
Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne
Günter WAND
10 octobre 1975, grande salle (salle «Klaus von Bismarck») de la Maison de la Radio de Cologne
Le concerto pour violon et orchestre en ré majeur No 1, Op. 19, de Sergei Prokofjew est une oeuvre de jeunesse, composée en 1913 à l'âge de 22 ans, mais qui affirme cependant déjà sa personnalité de manière étonnante. Elle ne fut achevée et publiée que bien plus tard, en 1921. L'oeuvre est joyeuse et lyrique, avec une texture résolument symphonique. Une grande spontanéité traverse ces pages, où se découvre d'emblée ce parfum mélodique si particulier à l'auteur de „Pierre et le Loup“, avec cette manière si savoureuse d'enrober ses thèmes.
Soliste et orchestre sont des partenaires égaux, constamment entrelacés, porteurs du récit musical conçu avec une conscience classique de la forme. L'oeuvre est en trois mouvements.
L'Andantino initial est essentiellement lyrique; il commence par une douceur délicate et une ligne lyrique fluide. La deuxième section est rythmée et quelque peu pesante, laissant place à une section de développement qui s'intensifie jusqu'à des accords pizzicato enthousiastes au violon. La première mélodie revient dans l'orchestre, le violon tissant une délicate broderie au-dessus.
Tout autre est le Scherzo vivacissimo, dans lequel le soliste doit mettre à contribution ses qualités de virtuose. D'une brillance nerveuse, avec des sauts mélodiques grotesques, des glissandi et des harmoniques, extrêmement brillant, mordant parfois, ce mouvement rappelle certaines cadences de ses concertos pour piano. Il s'ouvre sur des mouvements de rouet qui laissent place à une danse fantomatique. Tout au long du morceau, l'atmosphère d'une chevauchée nocturne fantastique et satanique persiste.
Le calme revient avec le mouvement final, Moderato – Allegro moderato s'ouvrant sur un solo de basson; le violon entre en scène, et des éléments fantastiques et d'une beauté lyrique semblent se fondre dans une mélodie infinie. Après un point culminant, la ligne mélodique du thème principal du premier mouvement revient. L'orchestre, toujours plus discret, s'efface peu à peu jusqu'au point d'orgue final.
La première audition publique fut donnée le 18 octobre 1923, peu après que le compositeur se soit installé à Paris, avec Marcel Darrieux en soliste, Serge Koussevitzky dirigeant l'Orchestre de l'Opéra de Paris. L'oeuvre n'eut toutefois que peu de succès. Ce n'est qu'après que Joseph Szigeti l'eut jouée lors d'un festival de musique contemporaine à Prague (*) - et qu'il enchaîna ensuite avec des représentations partout dans le monde - que l'oeuvre reçut la reconnaissance mondiale qu'elle méritait.
(*) D'après cette page de Wikipedia, il s'agit du Festival de Prague 1924.
Günter WAND, grande salle de la Maison de la Radio de Cologne, Edith PEINEMANN
Dans cette prise de son datant du 10 octobre 1975, Günter WAND dirige l'Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne, l'actuel «WDR Funkhausorchester», avec Edith PEINEMANN en soliste:
Sergei Prokofjew, Concerto pour violon et orchestre en ré majeur No 1, Op. 19, Edith Peinemann, violon, Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne, Günter Wand, 10 octobre 1975, grande salle (salle «Klaus von Bismarck») de la Maison de la Radio de Cologne