Károly GOLDMARK
Symphonie No 1 en mi bémol majeur, Op. 26
„Le Mariage rustique“
Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne
Henry SWOBODA
avril-juillet 1951, Vienne
«« À son décès en 1915, Goldmark s'était imposé comme le doyen des compositeurs autrichiens et un pilier de la culture musicale autrichienne. Il composa de la musique de chambre, des ouvertures, des oeuvres vocales, des opéras et deux symphonies, mais dans l'ensemble, son oeuvre est relativement peu abondante. Un critique viennois écrivit à son sujet: „Le style de Goldmark se situe à mi-chemin entre celui de Meyerbeer et celui de Wagner à l'époque de Tannhäuser. De Meyerbeer et Wagner, Goldmark tire la passion de ses mélodies, ses effets grandioses, la splendeur de son orchestre.“ Sa dépendance musicale est en fait plus grande encore. Goldmark traversa une période de forte influence de Mendelssohn, suivie d'une étude approfondie et exhaustive de Bach. Dans ses dernières années, il fut complètement subjugué par les oeuvres tardives de Beethoven.
À partir de tout cela, il créa son propre style: quelque peu naïf, toujours frais et vivant, débordant de mélodie et de combinaisons instrumentales souvent irrésistibles. Il utilise parfois des stéréotypes, mais ce sont des stéréotypes qu'il crée lui-même à ses propres fins. Il est parfois décoratif sans être d'une beauté profonde, mais cela aussi est intentionnel. Sa musique se caractérise par une maîtrise parfaite de son art et de tous les effets musicaux. Il fait preuve d'une inventivité inépuisable tant sur le plan mélodique que dans ses orchestrations, et sa musique fait toujours son effet
Les numéros d'opus attribués à ses oeuvres ne renseignent guère sur l'ordre chronologique de leur composition. La suite symphonique ou symphonie connue sous le nom de «Laendliche Hochzeit» ou „Mariage rustique“, opus 26, fut probablement composée entre 1857 et les deux années suivantes. En 1857, il était retourné à Pest, en Hongrie, pour poursuivre ses études musicales, et c'est là qu'il donna deux concerts à succès de ses oeuvres.
Son „Mariage rustique“ s'inspire de ses propres expériences rurales et respire la vie et les gens qu'il a connus. Sur le plan stylistique, il abandonne la forme abstraite de la symphonie classique au profit d'une forme quasi programmatique. Il se compose de cinq mouvements: bien que Goldmark n'ait pas donné de programme spécifique pour les différentes parties de son oeuvre, il a quand-même donné à chaque mouvement un titre correspondant à un épisode d'un mariage à la campagne.
-► Premier mouvement (Moderato molto) - la Marche nuptiale. Ce mouvement s'écarte de la forme sonate pour adopter celle d'un thème et de variations, très inhabituel pour une symphonie, car il est très rare que des variations apparaissent dans un premier mouvement. Le thème lui-même est rustique et apparaît dans des variations dont les ambiances vont du joyeux et du drôle au larmoyant. Le cortège des villageois est ingénieusement dépeint grâce à des variations et une orchestration astucieuses.
Le thème est d'abord joué par les violoncelles et les contrebasses en octaves, puis varié par les cors, puis par les autres instruments à vent. Les violons n'entrent en scène qu'à partir de la deuxième variation. La troisième variation est forte et bruyante, formant un contraste immédiat avec la mélodie expressive en mineur qui serpente avec fioritures à travers la variation suivante. La cinquième est à nouveau en majeur et met en avant les bassons et les cors. La sixième est une variation enjouée; la septième, intitulée Allegro pesante, est en mineur, avec des accents irréguliers. La variation suivante est dans l'esprit d'un scherzo. La neuvième variation fait preuve d'une plus grande liberté; le thème est suggéré à la basse, tandis que les flûtes et les violons portent un thème indépendant. La suivante est une variation brillante, avec le thème aux cordes et aux basses, en pizzicato. La onzième variation présente à nouveau un nouveau thème, celui-ci complètement différent de tout ce qui a été joué auparavant dans ce mouvement. Ce thème apparaît d'abord aux violons, puis aux bois. La douzième variation présente une mélodie indépendante fondée sur le thème original. La treizième variation est identique en tempo et en thème à la présentation originale au début du mouvement.
-► Le second mouvement (Allegretto) - Chanson nuptiale - représente vraisemblablement un chant interprété par les amis et les proches de la mariée. Dans la deuxième partie du mouvement, le thème est accompagné par le thème de la marche à la basse.
-► Troisième mouvement (Allegretto moderato scherzando) - Il s'agit d'une sérénade, avec un thème mélodieux et charmant joué par deux hautbois, développé plus tard par les cordes. Il s'agit une imitation de la cornemuse, jouée au hautbois, clarinette, basson et violoncelle.
-► Quatrième mouvement (Andante) - Dans le jardin. Ce mouvement lent et lyrique évoque la conversation intime des mariés, dans le cadre décrit par le titre. La première partie du mouvement est accompagnée tout au long par les cordes graves en accords syncopés. Le tempo ralentit ensuite et un nouveau motif apparaît aux violoncelles, puis aux violons. Il y a une sorte de dialogue entre les voix graves et aiguës.
-► Cinquième mouvement (Allegro molto) - Danse. C'est le seul mouvement de l'ouvrage écrit en forme sonate. Le premier thème commence comme une fugue, avec les violons en tête, suivis par les autres cordes. Le deuxième thème est animé et séduisant, le thème du jardin réapparaît brièvement, puis revient la danse qui termine la symphonie. »»
Károly Goldmark, Symphonie No 1 en mi bémol majeur, Op. 26, „Le Mariage rustique“, Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne, Henry Swoboda, avril-juillet 1951, Vienne
1. Marche nuptiale et 13 variations. Moderato molto 15:12 (-> 15:12)
2. Chanson nuptiale. Allegretto 03:35 (-> 18:47)
3. Serenade. Allegro moderato scherzando 04:30 (-> 23:17)
4. Dans le Jardin. Andante 07:16 (-> 30:33)
5. Danse. Allegro molto alla breve 07:34 (-> 38:07)