Johann Sebastian BACH
Concerto en do mineur pour deux clavecins, BWV 1060
Ruggero GERLIN, Huguette DREYFUS, clavecins
Collegium Musicum de Paris
Roland DOUATTE
décembre 1963, Église Notre-Dame du Liban, Paris
La forme d'origine du Concerto en do mineur pour deux clavecins, BWV 1060, n'a pas été conservée, mais le caractère des parties solistes suggère un concerto pour violon et hautbois. L'oeuvre en question, perdue, est sans doute une composition répertoriée dans le catalogue Breitkopf pour le Nouvel An 1764 comme "Bach, G.S. 1. Concerto, a Oboe Concert. Concerto pour violon. 2 Violini, Viola, Basso" [le G. signifie Giovanni; il était d'usage à l'époque d'italianiser les noms propres]. Ce concerto pour violon et hautbois aurait été écrit dans la tonalité de ré mineur (rappelons que Bach avait souvent l'habitude, lorsqu'il arrangeait un concerto pour clavecin, de le transposer d'un ton vers le bas), probablement à Köthen, vers 1719. Il est très facile de reconstituer cette composition, ce qui a d'ailleurs été fait avec beaucoup de succès, l'oeuvre "restaurée", BWV 1060R, étant largement diffusée en concert et au disque (traduit des notes publiées dans l'album Nonesuch HE 73001).
"[...] Le Concerto en ut mineur pour deux clavecins (BWV 1060) a ceci d’intéressant que les deux instruments solo n’utilisent pas les mêmes étendues mélodiques: l’une correspond exactement à celle du hautbois; quant aux caractéristiques mélodiques différentes des deux parties solo, elles suggèrent, elles aussi, deux instruments non égaux.
Le premier mouvement, splendidement expressif, vaut par les manières dont le thème initial est transformé avant de revenir, sous sa forme originale, à la fin.
Le mouvement lent, similaire à bien des égards à celui du double concerto pour violon - un joyau, lui aussi - a un thème cantabile traité en imitation par les deux solistes, avec un simple accompagnement en accords joué par l’ensemble principal des cordes. Cet accompagnement est souvent exécuté en pizzicato dans la version pour deux clavecins, mais, sans manuscrit original vers lequel nous tourner, et en considérant tant la puissance de soutien accrue du violon et du hautbois que l’écriture centrale tenue, en accords (à jouer, en tous cas, «arco»), un coup d’archet léger nous paraît être la plus heureuse solution.
Le charmant troisième mouvement prend pour ritornello un thème façon bourrée, dansant, sur lequel les épisodes solo reposent presque exclusivement.[...]" cité des notes de Robert KING, écrites en 1989 pour Hyperion.
Johann Sebastian Bach, Concerto en do mineur pour deux clavecins, BWV 1060, Ruggero GERLIN, Huguette DREYFUS, clavecins, Collegium Musicum de Paris, Roland DOUATTE, décembre 1963, Église Notre-Dame du Liban, Paris