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Johann Sebastian BACH
Prélude du Choral „Nun komm' der Heiden Heiland“
transcription de Ferrucio Busoni, BWV 659
Clara HASKIL
11 avril 1953, Château de Ludwigsburg

Les „Chorals de Leipzig“, ou „Dix-huit chorals de différentes manières“ («Leipziger Choräle» ou «Achtzehn Cho­rä­le von verschiedener Art»), BWV 651-668, furent ras­sem­blés par Johann Sebastian BACH dans les dernières années de sa vie, à partir de 1747, en vue de les faire imprimer. Comme toujours, Bach ne s'est pas contenté de copier, mais a profité de l'occasion pour apporter d'innombrables améliorations détaillées.

Le BWV 659 est particulièrement célèbre pour son cantus firmus orné: la mélodie du choral est très embellie, presque improvisatoire. Il est d'une atmosphère méditative et contemplative, son accompagnement en trio est fluide et expressif.

Chez Bach, la musique semble suspendue dans le temps, avec une ligne mélodique qui se déploie comme une prière.

"[...] On pourrait y voir la réponse à une question clé du christianisme: qui était Jésus de Nazareth? Le cantabile feutré et doux de BWV 659 suggère un Jésus consolateur, et la mélodie de la main droite offre un élément intéressant: la ligne (en réalité une habile pa­ra­phra­se de la mélodie de choral) est configurée exactement comme celle de l’ex­qui­se mélodie du mouvement lent du Concerto en fa mineur pour clavecin BWV 1056, dont la forme originale pourrait être contemporaine de BWV 659. [...]" cité des notes de Mau­de Gratton - dans une traduction de Catherine Meeùs - publiées en 2016 dans le livret du coffret LPH 021, Outhere.

Voir par exemple cette page de mon site pour l'original à l'orgue tel que l'enregistra Lio­nel ROGG pour Harmonia Mundi au début des années 1960.

En 1898 Ferruccio BUSONI publia à Leipzig son recueil «Orgelchoralvorspiele» - «Auf das Pianoforte im Kammerstyl übertragen von Ferruccio Benvenuto Busoni» - dont fait par­tie ce «Nun komm, der Heiden Heiland» („Viens maintenant, Sauveur des païens“), BWV 659, qu'il réalisa à partir de l’original pour orgue: c'est l’un des exemples les plus raffinés de la manière dont Busoni sut “traduire“ Bach dans le langage pianistique mo­der­ne, tout en conservant la profondeur spirituelle de l’oeuvre - une vision se situant entre fidélité et recréation, à la frontière entre sa sensibilité romantique et post-romantique et la spiritualité baroque de Bach.

Le résultat est une oeuvre qui parle autant au coeur qu’à l’intellect, et qui est au­jour­d’hui encore très appréciée des pianistes pour sa profondeur expressive et son exigence tech­nique subtile.

Cette interprétation du Prélude du Choral „Nun komm' der Heiden Heiland“ de Johann Sebastian BACH, BWV 659, dans la transcription de Ferrucio BUSONI, est le premier „encore“ que Clara HASKIL offrit après le programme “officiel“ de son récital donné au Château de Ludwigsburg le 11 avril 1953: Voir cette page de mon site pour une courte présentation de ce récital.

Johann Sebastian Bach, Prélude du Choral „Nun komm' der Heiden Heiland“, trans­crip­tion de Ferrucio Busoni, BWV 659, Clara Haskil, 11 avril 1953, Château de Ludwigsburg

03:54     
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