Haut de page
Retour sur la page d'accueil de mon site - OUVRE UNE NOUVELLE FENÊTRE)

Maurice RAVEL
Sonatine pour piano, M 10
Clara HASKIL
11 avril 1953, Château de Ludwigsburg

Il en a été écrit sur cette Sonatine pour piano de Maurice Ravel... Souvent bien trop “romancé“... Une caractérisation succincte qui me semble très objective:

"[...] Le premier mouvement de la Sonatine pour piano de Maurice Ravel vit proba­ble­ment le jour en 1903. Ce qui est sûr, c’est que le compositeur le joua le 8 janvier 1904 lors d’une soirée au salon de Marguerite de Saint-Marceaux. On ne sait par contre pas exactement quand il composa les deux autres mouvements. Si l’oeuvre fut très fa­vo­ra­ble­ment accueillie lors de sa création à Lyon en 1906, le public parisien lui réserva quant à lui un accueil plutôt réservé. Ravel lui-même semble avoir eu la Sonatine en grande estime, car il inscrivit régulièrement au répertoire de ses récitals cette oeuvre d’une grande clarté, d’une facture presque “classique“. [...]" cité d'après cette page du site Henle. Voir cette page du Henle-Blog, respectivement la préface de Peter Jost publiée chez Henle au printemps 2011, pour plus de détails sur l'histoire un peu compliquée de sa genèse.

La forme de l'oeuvre, avec un mouvement de sonate au ton largement lyrique en ou­ver­ture, un menuet en deuxième position et un finale rapide, correspond au modèle de la sonatine classique; elle s’inscrit sans transition dans l’oeuvre pianistique de Ravel, entre „Jeux d’eau“ et les „Miroirs“.

Le premier mouvement est une forme sonate bien structurée, voire simple (bien qu'elle utilise les couleurs harmoniques impressionnistes de Ravel). Deux thèmes émergent dans l'exposition: le premier dans la tonalité tonique de fa dièse mineur, et le second en ré majeur et si mineur.

La mélodie en quarte sautillante de ce premier mouvement réapparaît sous forme de variations sur différentes textures dans les deuxième et troisième mouvements.

« Le premier mouvement est écrit en fa dièse mineur naturel (mode éolien) et adopte la forme sonate-allegro. La Sonatine est une oeuvre cyclique qui utilise une quarte par­faite descendante (fa dièse–do dièse) et son inversion, la quinte parfaite, comme motif récurrent. Le thème d’ouverture du premier mouvement est transformé dans les deux mouvements suivants – une technique perfectionnée par Liszt, que Ravel admirait beaucoup pour ce procédé de composition ainsi que pour sa virtuosité (cf. „Jeux d’eau“ et „La valse“). Comme l’indique l’indication de tempo „Modéré“, il ne faut pas jouer trop vite. L’accompagnement interne doit rester discret et ne pas “s’emballer“. La mélodie doublée doit être jouée très legato, en gardant les doigts près des touches, et le pre­mier fa dièse doit toujours être davantage accentué que le do dièse qui suit (à l’instar d’un mot dont l’accent tombe sur la première syllabe). Ravel demandait fréquemment aux pianistes de marquer une courte pause à la fin du thème principal aux mesures 3 et 61, puis à nouveau à la mesure 28, juste avant la reprise. » traduit des notes du pia­ni­ste Richard DOWLING publiées en février 2003 sur cette page de son site.

Le menuet qui suit ne comporte pas de trio. Passant dans la tonalité de la dominante (ici en ré bémol majeur), il se déploie comme une valse lente, élégante et sobre, mais qui s’intensifie néanmoins à travers des moments de passion et d’intensité.

« Le menuet du second mouvement ne comporte pas le trio traditionnel, peut-être pour respecter le caractère abrégé d’une sonatine. Il est écrit en ré bémol majeur (au lieu de do dièse majeur), et ses inflexions modales rappellent une oeuvre antérieure de Ravel, le „Menuet antique“ composé dix ans plus tôt. Ravel a demandé à son amie pianiste Marguerite Long de jouer ce menuet „au tempo du menuet de la Sonate pour piano en mi bémol majeur, op. 31 n° 3 de Beethoven“ (qui est marqué „Moderato e grazioso“). Ravel met l'accent sur les accents d'attaque du thème (comme il l'a fait dans le premier mouvement). Ces accents, associés à un tempo aristocratique, empêchent ce mou­ve­ment de devenir une valse. Selon le pianiste Vlado Perlemuter, Ravel aurait déclaré qu’il fallait le jouer avec sensibilité, mais sans excès de raffinement. » Richard Dowling, ré­fé­ren­cié ci-dessus.

La toccata finale est le mouvement le plus exigeant, techniquement, des trois mou­ve­ments de la Sonatine. Inspiré en partie par l’écriture pour clavier de Couperin et de Rameau, ce mouvement alterne sans relâche entre les mesures à 3/4 et à 5/4 et déborde d’énergie, menant l’oeuvre vers une conclusion brillante.

« Le dernier mouvement est un tour de force d’écriture pianistique brillante et virtuose. C’est un exemple parfait de toccata et le descendant musical des oeuvres des com­po­si­teurs-clavecinistes français auxquels Ravel se sentait spirituellement lié (Rameau et Couperin). Il présente une similitude frappante avec le mouvement du premier livre des „Images“ de Debussy et la Toccata de sa suite „Pour le piano“. Ravel élargira plus tard les proportions de la toccata de cette sonatine pour en faire la Toccata du „Tombeau de Couperin“, une oeuvre d’une virtuosité lisztienne.

Tout comme le premier mouvement, l’Animé est composé en fa dièse mineur et se pré­sen­te sous la forme d’une sonate-allegro. Le “thème“ principal n’en n'est pas vraiment un: c'est en fait une série d’appels de cors (commençant par le motif familier de la quarte juste (do dièse–fa dièse)), et doit être joué comme indiqué, très marqué, très accentué. À la mesure 37 (puis à la mesure 140), Ravel transforme le thème principal du premier mouvement en une mesure à 5/4 et indique „même mouvement tranquille“ pour s’assurer que le pianiste le reconnaisse. Un passage similaire se trouve à la mesure 95. Veillez à jouer la main gauche de manière expressive ici également. Selon Ravel, la récapitulation (qui commence à la mesure 106) doit débuter „subito a tempo“. Il suggérait également de commencer la mesure 162 doucement afin de construire le crescendo vers un finale percutant. » Richard Dowling, référencié plus haut.

Cette Sonatine pour piano, M 10, de Maurice RAVEL terminait le récital que Clara HASKIL donna le 11 avril 1953 au Château de Ludwigsburg: voir cette page de mon site pour une courte pré­sen­ta­tion de son programme.

        1. Modéré                        03:34 (-> 03:34)
        2. Mouvement de menuet           02:36 (-> 06:10)
        3. Animé                         03:26 (-> 09:36)

Provenance: Radiodiffusion

que vous pouvez obtenir en...

pour un téléchargement libre

3 fichier(s) FLAC et 1 fichier PDF dans 1 fichier ZIP



En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Modéré


2. Mouvement de menuet


3. Animé