Mise à disposition du contenu de mes pages selon les termes de la «Licence Creative Commons Attribution» *** Pas d´Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0) *** *** NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0) ***
Mise à disposition du contenu de mes pages selon les termes de la «Licence Creative Commons Attribution» *** Pas d´Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0) *** *** NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0) ***
Veuillez cliquer ici pour accéder à mon RSS FEED
Veuillez cliquer ici pour m´envoyer un message avec vos remarques!
Haut de page
Retour sur la page d´accueil de mon site - OUVRE UNE NOUVELLE FENÊTRE)

Camille SAINT-SAËNS
Concerto pour violoncelle et orchestre no 1 Op. 33
Pierre FOURNIER
Orchestre Philharmonique
de la Radiodiffusion-Télévision Française
Jean MARTINON
10 septembre 1962, Kunsthaus de Lucerne

Le premier des deux concertos que Camille Saint-Saëns composa pour le violoncelle est considéré comme étant l'oeuvre la plus ancienne de ce genre écrite par un compositeur français. Au tournant de l'année 1873, Camille Saint-Saëns composa plusieurs grandes pages pour cet instrument: ce premier concerto en la mineur op. 33, la première sonate pour violoncelle et piano en ut mineur op. 32, et l’Allegro appassionato en si mineur op. 43, également pour violoncelle et piano. À cette époque Saint-Saëns était organiste à Paris: ce n'est que cinq ans plus tard - en 1877 - qu'il abandonnera cette carrière d'organiste - sur l'impulsion de Franz Liszt - pour se consacrer entièrement à la composition et aux tournées concertantes comme pianiste et chef d'orchestre.

Il est probable que des amis musiciens aient été à l’origine de ces oeuvres pour violoncelle, car elles sont dédiées à des violoncellistes français de renom avec lesquels le compositeur se produisait régulièrement. L'opus 33 fut ainsi dédié à Auguste Tolbecque, un luthier, compositeur, violoncelliste, musicien et professeur français, qui la donna en première audition à Paris le 19 janvier 1873, accompagné par l'Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire.

Contrairement à la coutume, il n'y a pas d'introduction orchestrale: après un court accord de l'orchestre, le violoncelle fait immédiatement irruption, très dominant, avec un thème en tourbillon, ensuite repris par l'orchestre. L'oeuvre est caractérisée par des riches couleurs; des mélodies mouvantes, largement déployées, de l'instrument solo y sont appuyées, pour la plupart, par le son pas trop épais de l'orchestre, auquel le violoncelle ne passe la parole d'ailleurs qu'assez peu fréquemment.

Traduit d'un texte publié au verso de la pochette du disque Capitol Records P8318 (avec l'enregistrement de cette oeuvre fait par André Navarra et l'Orchestre National De L'Opéra De Paris sous la direction d'Emanuel Young):

Pour les violoncellistes, c'est peut-être l'oeuvre la plus gracieuse du genre, car la partie solo n'a aucune difficulté à se projeter à travers la texture de l'orchestre. Ce n'est pas parce que l'oeuvre est légèrement orchestrée, mais parce qu'elle est correctement composée - c'est-à-dire écrite comme un concerto dans lequel l'orchestre est délibérément transparent pour l'instrument solo tout en sonnant comme un orchestre, et non comme un ensemble de musique de chambre. Saint-Saens est souvent crédité avec une simple intelligence ou habileté dans sa gestion de ces questions. Mais ce n'est pas simplement être habile ou adroit que de reconnaître la nécessité d'une telle gestion; c'est plutôt qu'un sens classique de l'équilibre stimule l'art du compositeur - l'habileté était donc un moyen, une technique, et non une fin en soi.

On retrouve les mêmes qualités dans l'organisation formelle du concerto. Il s'agit d'un seul mouvement qui contient les éléments de trois mouvements, selon le schéma général "rapide-lent-vif". La première section rapide est facilement reconnaissable comme une exposition et un développement de deux thèmes principaux et d'un thème secondaire, dans le style sonate. Au moment où l'on s'attend normalement à une récapitulation, Saint-Saens nous offre à la place un menuet et un mouvement lent combinés. La danse est orchestrale, tandis que le chant du mouvement lent est interprété par une voix soliste. Au milieu de tout cela, on trouve une petite cadence, suivie d'un retour de la chanson dansante. L'ensemble commence alors à s'arrondir: l'orchestre reprend le thème d'ouverture du concerto, comme s'il s'agissait d'une récapitulation différée. En réalité, il ne s'agit que d'un lien avec la dernière section, dont les thèmes variés en font un mouvement autonome. Mais le thème d'ouverture de la première section revient à nouveau, ainsi que le thème subsidiaire (troisième), de sorte que l'idée de récapitulation est poussée plus loin. Enfin, une toute nouvelle mélodie apparaît en guise de coda et le concerto se termine, comme le remarque Donald Francis Tovey, dans l'ambiance de "Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours".

"[...] Son premier concerto pour violoncelle a toujours été l’une des oeuvres les plus populaires de Saint-Saëns, Casals le choisissant pour ses débuts à Londres en 1905. Les airs abondent, mais pas de manière désordonnée: les thèmes principaux des mouvements externes s’élèvent dans l’aigu, les seconds thèmes descendant dans le grave; encore faut-il savoir si le motif initial du violoncelle peut être qualifié de «thème» - le biographe du compositeur, Brian Rees, en parle comme d’«un artefact plutôt que d’un éclat mélodieux». Le menuet central est un mouvement de pur plaisir et, en ces temps incertains, il rassura sûrement les auditoires parisiens: la culture française avait après tout survécu, un critique faisant remarquer qu’ici le compositeur était en train de compenser une récente «divergence d’avec le classicisme». Le retour de matériel antérieur dans le troisième mouvement doit peut-être quelque chose aux schémas cycliques de Liszt que Saint-Saëns avait étudiés; Liszt auquel il resta redevable toute sa vie [...] cité des notes rédigées par Roger Nichols pour Hyperion en 2014, dans une traduction de Marie-Stella Pâris.

L'interprétation de cette oeuvre proposée ici provient d'un concert donné le 10 septembre 1962 à Lucerne, lors des Semaines Musicales Internationales, par l'Orchestre Philharmonique de la Radiodiffusion-Télévision Française placé sous la direction de Jean MARTINON, avec Pierre FOURNIER en soliste.

Au programme de ce concert de clôture du Festival:

 ➣ Jean-Philippe Rameau, Ouverture de "Dardanus"
 ➣ François Couperin, Pièces en concert pour violoncelle et orchestre
     arr. de Paul Bazelaire
 ➣ Claude Debussy, "La mer", trois esquisses symphoniques
 ➣ Camille Saint-Saëns, Concerto pour violoncelle et orchestre No 1, Op. 33
 ➣ Maurice, Ravel, 2e suite de "Daphnis et Chloé"

Le concerto de Saint-Saëns fait partie du répertoire de base de Pierre Fournier, il l'a enregistré à plusieurs reprises en studio. Avec Jean Martinon, il l'avait gravé sur disque deux ans auparavant, mais avec une autre formation parisienne, l'orchestre Lamoureux: voir cette page de mon site.

Camille Saint-Saëns, Concerto pour violoncelle et orchestre no 1 en la mineur, Op. 33, Pierre Fournier, Orchestre Philharmonique de la Radiodiffusion-Télévision Française, Jean Martinon, 10 septembre 1962, «Kunsthaus» de Lucerne

   1. Allegro non troppo - Animato - Allegro molto - Tempo I   05:27 (-> 05:27)
   2. Allegretto con moto - (cadenza) - Tempo I
   3. Tempo I, Molto allegro                                   13:00 (-> 18:27)

Provenance: Radiodiffusion

Un enregistrement que que vous pouvez obtenir ...

2 fichier(s) FLAC et 1 fichier PDF dans 1 fichier ZIP


En écoute comme fichier mp3 320 kbps

1. Allegro non troppo - Animato - Allegro molto - Tempo I
2. Allegretto con moto - (cadenza) - Tempo I, 3. Tempo I, Molto allegro