Joseph HAYDN
Symphonie No 101 en ré majeur, surnommée „L'Horloge“
Orchestre Symphonique de la WDR de Cologne
Jascha HORENSTEIN
12 septembre 1967, Salle du Pavillon
6e concert du 22e Septembre Musical de Montreux
Le concert donné par ce dernier le 12 septembre - sous la direction de Jascha HORENSTEIN, avec Robert CASADESUS en soliste - fut diffusé en direct par la Radio Suisse Romande sur son second proramme:
Montage d'extraits de la revue Radio Je vois tout du 7 septembre 1967, page 72
Les comptes rendus de la presse romande furent tous élogieux. Par exemple celui de Numa F. TÉTAZ publié le lendemain dans la Feuille d'Avis de Lausanne en page 3:
"[...] Au 6e concert du Septembre musical - Horenstein et Casadesus.
HAYDN et MOZART, dans deux de leurs ouvrages les plus célèbres, se partageaient la première moitié de ce 6e concert montreusien, où M. Jascha HORENSTEIN conduisait l’Orchestre de Radio-Cologne.
M. HORENSTEIN dirige en homme sensible aux exigences du style classique. Il pose un cadre rythmique très précis, voire un brin rigide, à l'intérieur duquel il anime la musique par le recours à des nuances extrêmes, aussi bien dans le piano que dans le forte, agissant du reste plutôt par le contraste des masses que par le modelé du détail.
C’est une méthode qui convient parfaitement à la symphonie No. 101, en ré, dite „L’Horloge“, de HAYDN. Le tempérament à la fois franc et constructeur du compositeur se plie aisément à cette rigueur. Peut-être y avait-il un peu trop de maniérisme dans l’introduction lente; le reste m’a ravi sans réserve.
On peut penser en revanche que MOZART réclame plus d’abandon. Il y a dans le concerto pour piano en ré majeur KV 537 („du Couronnement“) des moments de pur chant, mais aussi des soupirs, et même des fugitives lueurs don giovannesques, qui souffrent d’être si fermement mesurés. Mais si cela manquait un peu de charme, la, tenue de l’interprétation impressionna.
Quant à M. Robert CASADESUS, il a ravi une fois de plus ses admirateurs. Il a la délicatesse du vrai mozartien, mais il y mêle au bon moment quelques étincelles de cet éclat chevaleresque qui est un des traits les plus personnels et les plus précieux de sa riche nature. Cela convenait tout particulièrement en l’occurrence, puisque cela relevait avec bonheur une partie pianistique un peu plus terne que celle d’autres concertos de Mozart.
Avec Richard STRAUSS, après l'entracte, nous entrions dans le climat plus capiteux des premières années de ce siècle. Il y a ici beaucoup de choses que j’aime, mais d’autres aspects qui me paraissent problématiques.
Ce n’est pourtant pas le programme de la «Sinfonia Domestica» qui fait problème. Il n’est là que pour la façade, ou, si l’on veut, il n’est qu’un prétexte à musique pure. Et cette musique est souvent merveilleusement belle, l’invention thématique déborde de générosité, les développements stupéfient par leur ingéniosité, l’orchestre flatte, cajole, séduit sans cesse.
Mais précisément, cela déborde quelquefois un peu trop. Je veux dire que cela obéit à l’esthétique du „plus il y en a, plus c’est beau“. On pourrait montrer que les contrepoints sont souvent plutôt décoratifs que vraiment polyphoniques, ou ajouter d’autres remarques plus techniques. Mais attention, à peine avez-vous pensé cela que vous tombez sur une de ces beautés qui vous coupent le souffle. Et la puissance vitale ne fait pas de doute...
M. Horenstein s’ y est déchaîné. Sa passion entraîne, mais son goût ne convainc pas toujours, tant il a tendance à grossir encore ce qui est déjà suffisamment gros. Strauss lui-même dirigeait plus légèrement, plus élégamment, et souvent avec une pointe d’ironie que je n’ai guère sentie hier soir. Mais la couleur, l’éclat et l’entrain furent puissants et recueillirent bien des applaudissements. [...]"
Jascha HORENSTEIN à Montreux lors du Septembre Musical 1967
Joseph Haydn, Symphonie No 101 en ré majeur, surnommée „L'Horloge“, Orchestre Symphonique de la WDR de Cologne, Jascha Horenstein, 12 septembre 1967, 6e concert du 22e Septembre Musical, Grande Salle du Pavillon, Montreux