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Wolfgang Amadeus MOZART
Concerto pour piano et orchestre No 26, KV 537
dit „Du Couronnement“
Robert CASADESUS, piano
Orchestre Symphonique de la WDR de Cologne
Jascha HORENSTEIN
12 septembre 1967, Salle du Pavillon
6e concert du 22e Septembre Musical de Montreux

Wolfgang Amadeus Mozart commença la composition de son Concerto pour piano No 26 en ré majeur, KV 537, au début de l'année 1788 et l'acheva le 24 février de la même année, date qu'il inscrivit dans son catalogue personnel (la partition autographe l'oeuvre n’est ni signée, ni datée). Il appartient à la dernière période créatrice du compositeur. Par rapport aux grands concertos viennois des années 1784–1786, notamment les KV 466, 467, 488 et 491, le KV 537 adopte une écriture plus brillante, plus aérée, parfois presque cérémonielle. Il privilégie la clarté des lignes, l'éclat du piano et une élégance expressive qui n'exclut nullement la profondeur.

À l'occasion des festivités entourant le couronnement de Léopold II comme empereur du Saint-Empire romain germanique, la Cour de Vienne dépêcha à Francfort un petit groupe de musiciens placés sous la direction d'Antonio Salieri. Mozart ne fut toutefois pas invité à se joindre à eux. Bien décidé à participer malgré tout à cet événement, il entreprit le voyage à ses propres frais, dans l'espoir de faire entendre quelques-unes de ses oeuvres en concert.

C'est ainsi que, le 15 octobre 1790, à Francfort, Mozart interpréta son Concerto No 26, KV 537, dont il s'agit de la première audition connue. Cette circonstance lui valut son surnom de „Concerto du Couronnement“, qui n'est toutefois pas de Mozart et ne lui fut attribué qu'ultérieurement. Au cours de ce même concert, Mozart joua également son Concerto No 19 en fa majeur, KV 459, comme le rappelle Johann André dans sa première édition des deux concertos, publiée en 1794.

Mozart composait ses concertos pour piano avant tout comme un cadre destiné à mettre en valeur sa propre virtuosité. Aussi apportait-il un soin tout particulier à l'écriture des parties orchestrales, tandis qu'il se contentait parfois de ne noter dans la partie soliste que quelques indications lui servant d'aide-mémoire. Cette manière de procéder pouvait également présenter l'avantage de rendre ses concertos difficilement utilisables par d'autres pianistes, à une époque où la protection des droits d'auteur était encore pratiquement inexistante. Mozart, quant à lui, savait parfaitement ce qu'il entendait jouer.

Dans les manuscrits autographes qui nous sont parvenus, les parties solistes ap­pa­rais­sent ainsi souvent comme une invitation permanente faite à l'interprète à retrouver, voire à réinventer, ce que Mozart lui-même pouvait jouer. Le manuscrit du Concerto No 26 en offre un exemple particulièrement frappant: la partie de la main gauche y est fréquemment laissée en blanc, seules les sections présentant une écriture polyphonique plus élaborée étant entièrement notées pour les deux mains.

Les cadences qui étaient les plus connues à l'époque de l'interprétation présentée ici sont celles de Johann Nepomuk Hummel et August Winding. Il faut également dis­tin­guer la grande cadence du premier mouvement des «Eingänge», ces brèves in­ter­ven­tions improvisées qui assurent certaines transitions, particulièrement dans le finale. Pour plus de précisions, voir la thèse de Tean-Hwa P'ng (1997), consacrée aux ca­den­ces de six concertos de Mozart, dont le KV 537. L'auteur examine 127 cadences de 40 com­po­si­teurs et discute leur adéquation au style mozartien.

Robert Casadesus jouait fréquemment ses propres cadences dans les concertos de Mozart. Il en composa plusieurs, dont certaines furent publiées et utilisées par d'autres pianistes. Dans le Concerto KV 537, il utilise par contre la cadence composée par Mozart pour son Concerto n° 16 en ré majeur, KV 451 - tel qu'attesté par le chroniqueur Gary LEMCO, dans son compte rendu de la réédition chez Music & Arts de l'enregistrement qu'il fit en 1962 pour le disque avec l'Orchestre Columbia et Georges SZELL. Comme j'ai pu le vérifier moi-même, il utilise la même cadence dans son enregistrement de 1967 (ainsi que dans un enregistrement fait une année plus tard avec David ZINMAN, également en concert).

Nous retrouvons donc ici Robert CASADESUS et George SZELL en 1967 dans cette prise de son faite en concert au ...

Programme général du 22e Septembre Musical de Montreux
Programme général du 22e Septembre Musical de Montreux
L'un des principaux acteurs de ce 22e Septembre Musical de Montreux 1967 était l'Or­ches­tre Symphonique de la WDR de Cologne.

Le concert donné par ce dernier le 12 septembre - sous la direction de Jascha HOREN­STEIN, avec Robert CASADESUS en soliste - fut diffusé en direct par la Radio Suisse Ro­man­de sur son second proramme:

Montage d'extraits de la revue Radio Je vois tout du 7 septembre 1967, page 72
Montage d'extraits de la revue Radio Je vois tout du 7 septembre 1967, page 72
Pour un compte-rendu de ce concert, voir cette page de mon site.

Jascha HORENSTEIN et Robert CASADESUS
Jascha HORENSTEIN et Robert CASADESUS
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre No 26 en ré majeur, KV 537, dit „Du Couronnement“, Robert Casadesus, piano, Orchestre Symphonique de la WDR de Cologne, Jascha Horenstein, 12 septembre 1967, 6e concert du 22e Septembre Musical, Grande Salle du Pavillon, Montreux

        1. Allegro                13:36 (-> 13:36)
        2. Larghetto              06:12 (-> 19:48)
        3. Allegretto             09:04 (-> 28:52)

Provenance: Radiodiffusion

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1. Allegro


2. Larghetto


3. Allegretto