Franz SCHUBERT
Trio No. 2 en mi bémol majeur, op. 100, D 929
Arthur GRUMIAUX, violon, Pierre FOURNIER, violoncelle
Nikita MAGALOFF, piano
18 décembre 1972, Salle des spectacles
(Salle de Chisaz), Crissier
Pour une courte présentation des trios pour violon, violoncelle et piano de Franz SCHUBERT et de leur contexte avec le trio formé d'Arthur GRUMIAUX, de Pierre FOURNIER et de Nikita MAGALOFF, voir au début de cette page de mon site.
Concert du 18 décembre 1972 tel que diffusé en direct sur le second programme de la Radio Suisse Romande, montage d'extraits de la revue Radio TV Je vois tout du 14 décembre 1972, page 60
Pour la présentation du concert rédigée par Claude DEPOISIER, voir la même page à cet endroit et peu plus bas pour le compte-rendu de Henri JATON.
Quelques précisions sur le Trio No 2 en mi bémol majeur op. 100, D 929, de Franz SCHUBERT:
C'est l'une de ses dernières compositions achevées, qui "[...] a probablement vu le jour peu avant le trio No 1 en novembre 1827 et a été jouée pour la première fois seulement quelques semaines plus tard, le 26 décembre, au «Musikverein» de Vienne, (qui, à l’époque, ne résidait pas encore dans le bâtiment de Theophil Hansen sur la «Karlsplatz» comme aujourd’hui, mais le «Tuchlauben» au centre de Vienne). Une autre représentation au début de l’année suivante chez Schuppanzigh est évoquée dans une lettre de Schubert adressée à Anselm Hüttenbrenner, dans laquelle il confie, que „l'oeuvre a beaucoup plu. Elle a été interprétée par Bocklet, Linke et Schuppanzigh.“ Le 26 mars 1828, le trio accueilli avec tant d’enthousiasme faisait l’objet d’un concert privé organisé par Schubert - sûrement pas par hasard le jour même du premier anniversaire de la mort de Beethoven - avec de la musique de chambre, des chansons et des choeurs, concert qui fut pour lui un succès matériel inhabituel et lui permit le remboursement de ses dettes et l’acquisition de son propre premier piano. [...]" cité des notes de Christian HEINDL publiées en 2011 dans le livret du CD Gramola 98812/13.
Après sa première parution, en 1836, chez Anton Diabelli, Schumann publia une critique extrêmement enthousiaste dans le «Neue Zeitschrift für Musik». Cet article majeur contribua à la lente reconnaissance de Schubert comme un compositeur de poids.
Sur les quatre mouvements de l'oeuvre;
"[...] Le mouvement d’ouverture allegro est tout à fait symphonique. De la même qualité que l’oeuvre en si bémol majeur, on pense ressentir une approche presque plus mûre, (qui a peut-être contribué à l’appellation chronologique du trio No 2). Dès le début, nous nous rappelons davantage le Schubert “typique“ au niveau de la thématique: ici s’introduit un premier thème puissant, suivi d’un second arrivant à l’improviste, renfermé sur lui-même et aux allures de «lied» (en analogie avec la comparaison de Schumann (*), ce serait le “féminin“). La transformation suivante ouvre toujours de nouveaux aperçus et montre encore une fois la perfection avec laquelle Schubert a su travailler la technique de ses mouvements.
Avec un accompagnement continuel et pulsatif qui nous semble familier comme dans le «Winterreise», le piano ouvre le deuxième mouvement, lent (andante con moto). La mélodie interprétée par le violoncelle est une reprise dérivée du chant populaire suédois «Se solen sjunker» (Regarde le soleil se coucher...), que Schubert avait découvert un peu auparavant chez les soeurs Fröhlich avec lesquelles il s’était lié d’amitié.
Le scherzo parait particulièrement amusant et insouciant (scherzando: allegro moderato) avec son jeu décalé en canon entre le piano et les cordes. Si l’ouverture nous fait penser à Beethoven, par son côté imposant, on peut aisément reconnaître Haydn comme modèle dans le trio avec ses coups contraints à l’effet “rude“ et “grossier“.
Le final éblouit par ses multiples nuances (allegro moderato). Bien que le ton de base enjoué demeure, il reste de la place pour la retenue et le caractère songeur, qui offrent d’autant plus d’authenticité à l’oeuvre, compte tenu de la situation de la vie de Schubert. [...]" Christian HEINDL référencié un peu plus haut.
(*)Christian HEINDL se réfère à son commentaire à propos du premier trio: "[...] Schubert invente ici ce que définira plus tard Robert Schumann de thème typiquement „masculin“ (confronté à une „féminité“ plus douce et lyrique) [...]"
Arthur GRUMIAUX, Pierre FOURNIER et Nikita MAGALOFF, portraits non crédités publiés entre autres dans la revue Radio TV Je vois tout du 14 décembre 1972, page 52
Franz Schubert, Trio No. 2 en mi bémol majeur, op. 100, D 929, Arthur Grumiaux, violon, Pierre Fournier, violoncelle, Nikita Magaloff, piano, 18 décembre 1972, Salle des spectacles (*), Crissier
(*) Cette Salle des spectacles doit être la Salle de Chisaz, située à la route de la Carrière 5, 1023 Crissier. Elle date de 1967 et accueille régulièrement des concerts d'orchestres, des représentations théâtrales et des manifestations régionales.