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Peter TSCHAIKOWSKI
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op.35
Nathan MILSTEIN, violon
Orchestre Symphonique de Cologne
(Orchestre du Gürzenich)
André CLUYTENS
7 septembre 1953, Salle du Pavillon, Montreux
(4e concert symphonique du 8e Festival de Montreux)

Pour une présentation de l'oeuvre, voir cette page de mon site.

Les principaux acteurs de ce VIIIe Festival de Montreux 1953 étaient l'Or­ches­tre Sym­pho­ni­que de Cologne et les Choeurs du Gürzenich. Cité du quotidien „Le Peuple“ du 31 août 1953 page 3: "[...] Jeudi 27, en fin d’après-midi, un train spécial est arrivé à Montreux, y amenant les 250 artistes de l’Orchestre sym­pho­ni­que de Cologne et du Choeur du Gürzenich. On sait que ces brillants artistes assu­re­ront le 8e Septembre musical de Montreux, à côté de chefs tels que Carl Schuricht, Eugene Ormandy, André Cluytens, Günter Wand, etc. Ainsi donc, les artistes allemands sont maintenant à pied d’oeuvre et tout s’annonce pour le mieux à Montreux, où l’on s’apprête à recevoir les mélomanes amateurs de belle musique. [...]":

Au programme du 4e concert symphonique donné le 7 septembre 1953 sous la direction de André CLUYTENS:

Annonce du concert (Tribune de Lausanne du 5 septembre 1953, page 4), Photo Fransioli (Je vois tout du 26 août 1953, page 14)
Annonce du concert (Tribune de Lausanne du 5 septembre 1953, page 4)
Photo Fransioli (Je vois tout du 26 août 1953, page 14)
Trois des quatre oeuvres de ce concert furent diffusées en différé le 13 décembre suivant, dans un ordre différent de celui du concert:

Montage d'extraits de la revue Radio Actualités du 10 décembre 1953, page 26
Montage d'extraits de la revue Radio Actualités du 10 décembre 1953, page 26
Cité du compte-rendu de Hermann LANG publié dans la Nouvelle Revue de Lausanne le surlendemain du concert:

"[...] Un très beau chef, un violoniste parmi les grands de l'époque, un programme d'une riche variété, tout concourait à faire de ce cinquième concert montreusien l'un des meilleurs de la série.

D'origine flamande, naturalisé français, André Cluytens, l'actuel chef de la Société des Concerts de Paris, possède le don de la vie multiple, rayonnante, expressive.

D'une maîtrise technique absolue, il connaît l'art de convaincre, de charmer, d'émouvoir. On le voit tour à tour ciseler avec amour le détail le plus fin, faire flamber les passions généreuses, découvrir les vastes horizons de la méditation, de la spiritualité.

La Symphonie No 96, en ré majeur, dite Le Miracle, de Joseph Haydn, ouvrait le concert, ainsi dénommée en souvenir d'un événement quasi surnaturel qui survint lors de la première exécution publique: le lustre s'abattit au milieu de l'orchestre, sans causer de mal à personne.

Mais ne ressortissent-elles pas toutes au domaine miraculeux, ces symphonies de Haydn, si nombreuses qu'aucun auditeur ne peut se flatter de les connaî tre et qui sont de véritables présents du ciel? Impossible de rêver divertissement plus frais, fantaisie plus charmante, en sa riante bonhomie, sa verve primesautière, que ce concert, cette conversation, ce débat des instruments: soli de violon, de flûte, de hautbois, duos, trios, ensembles galants ou champêtres - la trompette parfois doublant la flûte - cette liesse sonore où, subitement, comme au passage d'un nuage dans une clairière ensoleillée, le propos se teinte subitement d'une gravité émue, souvenir, rappel d'une douleur passée.

Admirable musique, admirablement interprétée.

On passe sans transition au Concerto de violon en ré majeur, de Tschaikowski. Surprise combien agréable! Ce concerto, lieu fréquent de rencontre des fadeurs, des étalages de mauvais goût - Tschaikowski, lui-même, prescrit des portamenti écoeurants - apparaît, joué par Nathan Milstein, nettoyé de toute souillure, lumineux, emporté dans un beau souffle poétique, dominé de souveraine façon.

L'archet long, insinuant, semble crépiter d'étincelles dans les passages en doubles cordes, la sonorité lisse, chaude, puissante, royale qui, dans la Canzonetta, revêt une douceur éthérée, séraphique, immatérielle, scintille parmi les tutti de l'orchestre.

Le concerto est accompagné de façon supérieure, avec une extrême précision. Une joie énorme monte de la ruée du final, qui s'achève salué de longues ovations.

La température est à l'enthousiasme. Voici, avec l'Oiseau de feu du jeune Strawinsky de l'époque russe, les sortilèges réunis de Rimsky, de Moussorgsky, de Tschaikowski, de Debussy; voici le recours aux légendes, aux mystères de la sainte Russie, voici l'avènement des somptuosités barbares.

Pour terminer, La Mer, de Debussy, le plus beau poème de la musique française. Joué par un orchestre allemand, qu'est-ce que cela pouvait donner?

On s'aperçut bien vite que les jeux sonores, les brouillards rosés, les atmosphères vaporeuses, les irisations n'étaient pas tout à fait dans les usages des bois, des cuivres, insuffisamment estompés, trop crus parfois, tandis que les cordes ne laissaient en rien à désirer.

Mais ce qui emporta l'adhésion unanime, ce fut l'élan pathétique du chef et la conviction de l'orchestre galvanisé.

Ils allaient faire de cette page parcourue par le drame, la fatalité, les écroulements, mais qui s'achève dans les flamboiements de la victoire, une nouvelle symphonie héroïque.

Debussy en eût été bouleversé.
[...]"

Nathan MILSTEIN et André CLUYTENS, photos Berchert resp. Harcourt
Nathan MILSTEIN et André CLUYTENS, photos Berchert resp. Harcourt
Peter Tschaikowski, Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op.35, Nathan Milstein, violon, Orchestre du Gürzenich de Cologne, André CLUYTENS, 7 septembre 1953, Salle du Pavillon, Montreux, 4e concert symphonique du 8e Festival de Montreux

        1. Allegro Moderato                       17:39 (-> 17:39)
        2. Canzonetta: Andante                    06:49 (-> 24:28)
        3. Finale: Allegro Vivacissimo            08:00 (-> 32:28)

Provenance: Radiodiffusion

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1. Allegro Moderato


2. Canzonetta: Andante


3. Finale: Allegro Vivacissimo