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Maria STADER, probablement dans les années 1960 (date, lieu et photographe inconnus)
Bruno WALTER et Maria STADER en 1946, une photo de Berry GLASS, Vancouver, lieu inconnu
 ...

Gustav MAHLER
Symphonie No 4 en sol majeur
Maria STADER
Orchestre National de la Radiodiffusion Française
Bruno WALTER
12 mai 1955, Théâtre des Champs-Élysées, Paris

Gustav Mahler composa cette symphonie entre juillet 1899 et août 1900 (rév. 1901–10): l'oeuvre est caractérisée par un solo de soprano dans son 4e mouvement, le lied - «Das himmlische Leben» (la vie céleste) - étant repris du cinquième lied de «Des Knaben Wunderhorn», composé en 1892, sur lequel Gustav Mahler a composé les autres mouvements de cette symphonie.

La première audition fut donnée à Munich le 25 novembre 1901, l'Orchestre Kaim étant dirigé par le compositeur (l'Orchestre Kaim était le précurseur de l'actuel Orchestre Philharmonique de Munich).

En 1900, juste après avoir fini sa Quatrième Symphonie, Mahler raconta la manière dont l’oeuvre avait pris forme. Il s’était lancé avec les idées claires, mais ensuite le projet avait pris un tout autre tour: «À mon étonnement, il est devenu évident pour moi que j’avais pénétré dans un univers totalement différent, comme si, me promenant en rêve parmi les jardins fleuris de l’Elysée, je m’étais retrouvé en plein cauchemar, dans un Tartare empli de choses terrifiantes … Cette fois, c’est la forêt, avec ses mystères et ses horreurs, qui a forcé ma main et s’est immiscée dans mon oeuvre. Il devient de plus en plus clair, à mes yeux, que l’on ne compose pas, on est composé.».

„ses mystères et ses horreurs“... On considère souvent cette symphonie comme étant «la plus lumineuse et la plus simple de ses symphonies: un souvenir affectueux du bonheur enfantin, culminant dans la vision du Ciel à travers les yeux d’un enfant – avec, pour tout nuage dans le ciel au bleu radieux, un accès occasionnel de nostalgie d’adulte. Mais Mahler était un esprit trop raffiné pour succomber à l’idée sentimentale que se faisait le XIXe siècle du Paradis perdu. Il savait que les enfants peuvent être cruels, et que leur aptitude à la souffrance est souvent largement sous-estimée par les adultes. Il y a de la cruauté dans le texte apparemment naïf que Mahler illustre dans le finale, Das himmlische Leben (La Vie céleste): „Nous menons un innocent et patient, un aimable agnelet à la mort“, nous dit l’enfant d’un ton satisfait, ajoutant que „saint Luc abat le boeuf“. Quelques instants auparavant, nous avions entraperçu „le boucher Hérode“, sur les ordres duquel les enfants furent massacrés dans le récit biblique de Noël. Que viennent faire de telles images au Ciel? »

Un fait intéressant est que Gustav Mahler composa ce dernier mouvement avant d’avoir écrit la moindre note des trois précédents: «Il s’agissait de l’une des nombreuses illustrations qu’il avait faites, dans les années 1890, de textes issus d’un recueil de poésies populaires allemandes bien connu, Des Knaben Wunderhorn (Le Cor merveilleux de l’enfant). Par un moment, il pensa l’inclure dans sa gigantesque Troisième Symphonie; mais il commença bientôt à y voir plus clairement la conclusion de sa symphonie suivante, la n° 4.[...] Les trois premiers mouvements de la Quatrième Symphonie préparent la voie à la vision finale de „La Vie céleste“, à tous les niveaux possibles: par les thèmes, les couleurs orchestrales, le schéma tonal et surtout par cette étrange ambiguïté des émotions – un rêve merveilleux troublé par des images cauchemardesques. Loin d’être la plus simple des symphonies de Mahler, c’est au contraire l’une de ses créations les plus subtiles. »

Les citations ci-dessus proviennent des notes de prohgramme de Stephen JOHNSON publiées en 2012 dans le coffret LSO Live de l'intégrale des symphonies de Gustav Mahler sous la direction de Valery Gergiev.

L'excellente courte description des quatres mouvements que donne Stephen JOHNSON:

"[...] Le tout début de la Quatrième Symphonie offre un avant-goût du finale. Les bois et les grelots carillonnants donnent l’impulsion à un lent trottinement, puis une phrase de violon langoureuse s’élève, qui se révèle être le début d’une mélodie à la simplicité désarmante: Mahler dans une veine mozartienne. Un soupçon de désir contenu nuance le charmant second thème (violoncelles), mais celui-ci se réduit rapidement à l’air le plus enfantin entendu jusque-là (hautbois solo et basson). Plus tard, quatre flûtes à l’unisson introduisent un nouveau motif – des flûtes de Pan, ou peut-être un enfant qui siffle. Après cela, les «mystères et horreurs» de la forêt imposent peu à peu leur présence, jusqu’à ce que, dans un magnifique sommet d’intensité de tout l’orchestre, les cors, trompettes, cloches et des bois aigus scintillants entonnent un pot-pourri triomphal des thèmes entendus précédemment. Mais ce triomphe est anéanti par une dissonance, soulignée par le gong et la grosse caisse, puis les trompettes énoncent le sinistre rythme de fanfare que Mahler reprendra par la suite au début de la Marche funèbre de sa Cinquième Symphonie. Comment retournons-nous vers les contrées de bonheur perdu aperçues au commencement? Mahler arrête tout simplement la musique, et le thème mozartien reprend à mi-phrase, comme si de rien n’était. Tous les thèmes principaux font à présent leur réapparition, mais les sombres perturbations du développement continuent de jeter leur ombre, tout au moins jusqu’à la brève et bouillonnante coda.

Le second mouvement, un scherzo avec deux trios, avance d’un pas tranquille (la musique vraiment rapide est rare dans cette symphonie). Mahler décrivit le premier thème comme «l’ami Hain mène la danse». Cet «ami Hain» qui «donne l’impulsion» est un personnage sinistre du folklore allemand: une sorte de joueur de flûte de Hameln dont le violon conduit ceux qu’il fascine dans un «au-delà» – la mort déguisée? Mahler traduit avec ingéniosité le violon rustique de l’ami Hain: le violon solo de l’orchestre joue sur un instrument accordé un ton plus haut que la normale, ce qui rend sa sonorité à la fois plus rugueuse et – littéralement – plus tendue. La mort n’a pas tout à fait le dernier mot, même si le strident forte final (flûtes, hautbois, clarinettes, glockenspiel, triangle et harpe) laisse un arrière-goût sulfureux.

Le mouvement lent est marqué «tranquille», mais cette paix est profondément équivoque. Mahler écrivit que ce mouvement était inspiré par la vision d’une «pierre tombale sur laquelle était gravée une représentation du défunt les mains jointes, dans son repos éternel» – une image à la fois consolatrice et d’une tristesse extrême, clairement liée à l’imagerie de l’ami Hain / la Mort véhiculée par le scherzo. Un ensemble de variations libres sur le premier thème explore les facettes de cette ambiguïté jusqu’à ce que Mahler ménage une merveilleuse surprise: l’orchestre laisse éclater une joie sans nuage en mi majeur – la tonalité dans laquelle va s’achever le finale. Ce passage regarde en arrière et en avant: les cors préfigurent la mélodie de clarinette qui va ouvrir le finale, puis rappellent le thème de flûte figurant les gamins sifflant dans le premier mouvement. Puis le mouvement glisse à nouveau dans un sommeil paisible, pour qu’on se réveille…

… au Paradis – ou, au moins, dans la vision que s’en fait un enfant. Des grelots lancent le finale, puis la soprano fait son apparition. Craignant peut-être ce que des chanteurs adultes auraient pu produire s’il leur avait demandé d’imiter un enfant, Mahler ajoute un nota bene dans la partition: «À chanter d’une manière enfantine et joyeuse; abso­lu­ment sans parodie !» À l’évocation de saint Pierre, l’écriture prend l’aspect d’un hymne, puis viennent ces images dérangeantes d’une mise à mort. La chanteuse semble in­sen­sible à ce qu’elle décrit, mais les cris plaintifs, presque animaux du hautbois et du cor grave troublent cette vision, même si ce n’est que momentanément. La musique accomplit enfin sa modulation en mi majeur, tonalité de la vision céleste à la fin du mouvement lent. «Aucune musique ici-bas ne saurait égaler la nôtre», nous dit l’enfant. Puis il se tait (s’est-il endormi?), et la musique s’évanouit progressivement, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les notes doucement répétées de la harpe.
[...]"

Pour le texte du lied et sa traduction en français, voir plus bas dans cette page.

À noter que pour le deuxième mouvement le violon solo doit s'accorder un ton plus haut, en ré: ce violon désaccordé représente le diable (Gustav Mahler disait que cet instrument était «Le violon de la mort»: à l'origine, il avait noté au début de ce mouvement: "Freund Hain, le violoneux, joue pour la danse; la mort gratte bizarrement son violon et nous mène là haut vers le ciel").

Pour plus de détails voir par exemple  cette page du site de Vincent Noos dédié à Gustav Mahler et ses oeuvres.

Maria STADER en concert avec Bruno WALTER, une photo de Berry GLASS, Vancouver, date et lieu inconnus
Maria STADER en concert avec Bruno WALTER
une photo de Berry GLASS, Vancouver, date et lieu inconnus
Dans l'enregistrement proposé sur cette page, Bruno WALTER dirige l'Orchestre national de la Radiodiffusion française dans un concert donné le 12 mai 1955 au Théâtre des Champs-Élysées de Paris, avec les oeuvres suivantes au programme:

 ➣ Joseph Haydn, Symphonie No 96
 ➣ Richard Strauss, Don Juan, Op. 20, TrV 156
 ➣ Gustav Mahler, Symphonie No 4, avec Maria STADER en soliste

Le concert fut diffusé en France le 19 mai suivant sur la „Chaîne Nationale“, ondes moyennes, 20h02 - 22h10:


Photomontage d'extraits de l'hebdomadaire „Radio Je vois tout“ du 12 mai 1955, No 19

Voici donc...

Gustav Mahler, Symphonie No 4 en sol majeur, Maria Stader, Orchestre National de la Radiodiffusion Française, Bruno Walter, 12 mai 1955, Théâtre des Champs-Élysées, Paris

   1. Bedächtig - Nicht eilen - Recht gemächlich               16:36 (-> 16:36)
    (délibéré, sans hâte, très à l'aise)
   2. In gemächlicher Bewegung                                 08:54 (-> 25:30)
    (dans un tempo modéré, sans hâte)
   3. Ruhevoll - Poco adagio                                   18:50 (-> 44:20)
    (Tranquille)
   4. Wir geniessen die Himmlischen Freuden. Sehr behaglich    08:15 (-> 52:35)
    (Nous jouissons des joies célestes. Très à l'aise)

Provenance: Radiodiffusion, Archives de la Radio Française

que vous pouvez obtenir en...

pour un téléchargement libre

4 fichier(s) FLAC et 1 fichier PDF dans 1 fichier ZIP


Maria STADER, probablement dans les années 1960 (date, lieu et photographe inconnus)
Maria STADER, probablement dans les années 1960
(date, lieu et photographe inconnus)

Bruno WALTER et Maria STADER en 1946, une photo de Berry GLASS, Vancouver, lieu inconnu
Bruno WALTER et Maria STADER en 1946
une photo de Berry GLASS, Vancouver, lieu inconnu