Pour une courte description de l'oeuvre, voir cette page de mon site.
L'interprétation de la sonate Opus 31 No 3 de Ludwig van BEETHOVEN proposée ici provient du récital que Clara HASKIL donna le 7 septembre 1956 au Festival de Besançon, en seconde partie de ce concert.
Jérôme SPYCKET sur le jeu de Clara HASKIL:
"[...] Quand, un moment plus tard (*), elle attaque (au sens plein du terme) la Dix-huitième Sonate en mi bémol majeur de Beethoven, Clara Haskil a été manifestement mise en confiance: faisant fi de toute prudence elle se lance dans cette partition avec une fougue stupéfiante. Sans jamais sacrifier la musique, avec des moments d'une douceur indicible, c'est une sorte de corps à corps avec Beethoven, dans un tempo irrésistible, grisant.
Même s’il est vrai que, surtout en musique, “le temps ne fait rien à l'affaire“ , il n'est pas inintéressant de noter que cette interprétation vivante dure moins de 20 minutes, alors que celle gravée en studio pour Philips dépasse largement 23 minutes!
C’est dans le quatrième et dernier mouvement „presto con fuoco“ qu'elle prend un maximum de risques: en vérité ce qu'elle nous donne c'est le “feu“ même. Au prix de quelques accrocs? Sans doute, et c'est dommage - mais qu'importe en fin de compte puisque, avec le panache, il y a toute la Musique, et le souffle même de la Vie. Cela, jamais le studio - puriste par nécessité - ne le permettra de la même façon. Sans doute le public a-t-il conscience de cette traduction unique, et on ne peut que partager son enthousiasme. [...]"