Pour une présentation des Estampes de Claude DEBUSSY voir cette page de mon site.
Claude DEBUSSY et ses ESTAMPES, montage photo. Portrait Debussy, NADAR (entre 1890 et 1910), Bibliothèque Nationale de France, ark:/12148/btv1b53118843k; extrait de la page de garde de la partition dans la première édition DURAND & FILS, 1903, Plate D. & F. 6326
Dans les „Jardins sous la pluie“, troisième volet de ce triptyque, loin des influences musicales extrême-orientales et andalouses des pièces précédentes, Claude DEBUSSY revient à une inspiration française avec un vent cinglant et aigrelet rafraîchissant l'atmosphère. Un premier état des „Jardins sous la pluie“, très éloigné de la rédaction définitive, terminait le recueil d'„Images oubliées“ (ou inédites) de 1894 (L 94 (87)). Il portait alors le titre: „Quelques aspects de “Nous n'irons plus au bois“ parce qu'il fait un temps épouvantable“ - toutes deux faisant usage de la populaire chanson française que Claude Debussy aimait tout particulièrement.
Vincent van GOGH, Auvers sous la pluie (Auvers-sur-Oise), juillet 1890, huile sur toile conservée au Musée national du pays de Galles, Royaume-Uni et pays de Galles
"[...] Mais dans l'Estampe définitive on trouve une autre chanson encore, promue même au rôle de thème principal: une paraphrase à peine déformée de „Do, do, l'enfant do...“, très proche, également, du vieux carillon „Orléans, Beaugency...“. Debussy offre ici une stylisation parfaite du bruissement de la pluie, de l'éclaircie et du gazouillis de mille oiseaux frileux et mouillés. Le compositeur, à propos de la première rédaction, précisait qu'„il n'est pas défendu d'y mettre sa petite sensibilité des bons jours de pluie“, alors que vingt ans plus tard il demandait à Marguerite Long “une ronde d'enfants au Jardin du Luxembourg! Du soleil!“, sous prétexte... qu'„après la pluie vient le beau temps“!...
Contradiction qui n'étonnera que ceux qui ignorent le caprice de nos giboulée de mars. Marguerite Long souligne à juste titre que l'allure de l'exécution doit être rapide (mesure à 2/2, indication „Net et vif“).
Tant du point de vue rythmique que pianistique, il s'agit du reste d'une toccata, apparentée à celle de „Pour le piano“: que l'on compare par exemple les deux premières mesures des Jardins et les mesures 21-22 de la Toccata! La tonalité de mi mineur, rare chez Debussy, ne se retrouve que dans une page pianistique tout à fait différente, „Et la lune descend sur le temple qui fut“ (Livre 2 des „Images“). [...]" Harry HALBREICH cité de ses notes publiées dans l'ouvrage édité sous la direction de François-René TRANCHEFORT „Guide de la musique de piano et de clavecin“, pages 395-396 de l'édition de 1987, Librairie Arthème Fayard, 978-2-213-64112-6.
Recto de la pochette du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578 avec un portrait de Claude DEBUSSY par Marcel BASCHET, photo de Josse LALANSE
L'interprétation qui en proposée ici provient du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578, entièrement consacré à des oeuvres pour piano de Claude DEBUSSY, que Nikita MAGALOFF enregistra en 1969 (selon la discographie de Michael GRAY) ou en 1968 (selon d'autres sources): voir cette page de mon site- en-dessous de la photo du recto de la pochette - pour quelques précisions et hypothèses.
Nikita MAGALOFF au cours des ans
Étiquette verso du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578
Claude Debussy, „Jardins sous la pluie“, 3e pièce des „Estampes“ pour piano, L 108 (100), Nikita Magaloff, 1969