„Ondine“ est la huitième pièce du second livre des „Préludes“ pour piano de Claude Debussy, L 131 (L 123), composé de 1910 à 1912.
Pour une courte présentation de ce second livre des „Préludes“, voir cette page de mon site.
Ondine, 14e illustration peinte par Arthur RACKHAM pour la publication homonyme de Friedrich de LA MOTTE FOUQUÉ datant de 1811. Sa légende est: Soon she was lost to sight in the Danube (Bientôt, elle disparut de la vue dans le Danube)
"[...] cette soeur injustement méconnue de l'Ondine ravélienne apparaît parmi les frétillements de vrais poissons (Scherzando, ré majeur, à 6/8). Espiègle, elle joue avec les vagues, „ruisselante, tentatrice et nue“ (A. Cortot) (*), essaie ensuite de séduire quelque humain (pédale de mi bémol), s'alanguit et rêve sur le sable en regrettant de n'être point mortelle, avec ce thème de milieu d'une mélancolie un peu irritante par ses frottements de seconde; mais, après une toute classique gradation sur pédale de dominante, dont l'âpreté méchante exprime son dépit, elle disparaît sur une pirouette, changée en écume de mer...
Cette fin doit être gardée très nette par l'interprète, avec ce bref ressac masquant la fuite de l'ondine volatilisée. La pièce diffère considérablement de l'Ondine de Ravel en ce qu'elle ne contient aucune virtuosité pour elle-même, tous les traits faisant partie de la substance musicale. Le mode hexaphone mi bémol-fa dièse-sol-la-si bémol-ré bémol s'inscrit avec une aisance insidieuse dans le contexte tonal de ré majeur. [...]" Harry HALBREICH, cité de ses notes publiées dans l'ouvrage édité sous la direction de François-René TRANCHEFORT „Guide de la musique de piano et de clavecin“, page 412 de l'édition de 1987, Librairie Arthème Fayard, 978-2-213-64112-6.
(*) „La musique française de piano, première série“, page 39, Alfred CORTOT: "[...] Ondine; pour qui sait la voir, elle surgit à mi-corps,
ruisselante, tentatrice et nue, du scintillement calme des
vagues qui la bercent. Et, pour qui sait la comprendre,
comme elle est attirante et tendre, la voix murmurante
qui dit les trésors de ses palais flottants et la douceur
de son amour [...]"
Recto de la pochette du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578 avec un portrait de Claude DEBUSSY par Marcel BASCHET, photo de Josse LALANSE
L'interprétation qui en proposée ici provient du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578, entièrement consacré à des oeuvres pour piano de Claude DEBUSSY, que Nikita MAGALOFF enregistra en 1969 (selon la discographie de Michael GRAY) ou en 1968 (selon d'autres sources): voir cette page de mon site- en-dessous de la photo du recto de la pochette - pour quelques précisions et hypothèses.
Nikita MAGALOFF au cours des ans
Étiquette verso du disque Concert Hall, Musical Masterpiece Society, SMS 2578
Claude Debussy, „Ondine“, 8e pièce du second livre des „Préludes“, L 131 (L 123), Nikita Magaloff, 1969